On se fiche de votre babyfoot. On se fiche de votre piscine à balles.
Par contre, ça dit quelque chose de votre culture.

Depuis une dizaine d'années, la place du travail dans nos vies a changé.
Fini le “je veux juste gagner ma vie”, on espère s’y épanouir et y grandir.

Alors on ne s'arrête plus à la fiche de poste :
Comment est l'ambiance ? Les équipes s'entendent bien ? À quoi ressemble le quotidien ?

#industrialisation #startup

Le plus gros symbole de ce changement, c'est le babyfoot.
En 2017, 20% des annonces mentionnaient les jeux dans leurs avantages salariés.
Principalement des start-ups qui voulaient affirmer leur différence.

À l'origine, acheter un jeu d’équipe part d'une bonne intention.
Offrir des moments plus détendus, resserrer les liens, proposer une alternative à la traditionnelle pause café.

Le babyfoot devait être un moyen.
C'est devenu un symbole d'une culture "cool", jeune, conviviale.

Sauf que j'ai vu des entreprises où ce babyfoot était planté en plein milieu de l'open space.

Un endroit où personne ne peut jouer.
(Qui veut débuguer avec des bruits de roulette en fond sonore ?)
Visible en permanence, sous les yeux de tous. Mais jamais utilisé.

Mais au fait, qui a décidé d'acheter ce truc ?
La direction. Sans consulter personne.

Parce que "J'ai lu que les startups cools avaient un babyfoot. Donc on en achète un."

À côté de ça, j'ai bossé dans une boîte avec une vieille console rétro dans la salle commune.
Parfois je jouais à Street Fighter avec le dirigeant.

Tu vois la nuance ?
La vieille console ne servait pas de décor.
C'était un signe discret d’une culture où les gens ne sont pas seulement des moyens de produire.

Un babyfoot au milieu de l'open space, c'est l'inverse.
Un achat présenté comme un avantage salarié, planté sous les yeux de tous.
Et un emplacement qui empêchera toujours de tenir les promesses qui vont avec.

Toi aussi, tu as connu des babyfoots fantômes ?