La mécanochimie permet de réaliser des réactions chimiques par l'application de forces mécaniques (broyage, cisaillement, impact) sur des réactifs à l'état solide, sans recourir aux solvants organiques traditionnels (en gros, sans liquide ou très peu).
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L'idée est de permettre une chimie fine plus respectueuse de l’environnement, car ces solvants, toxiques et coûteux, représentent par exemple plus de la moitié des produits utilisés dans l'industrie pharmaceutique, soit plus de 2 millions de tonnes par an en Europe.
Par rapport à la chimie en solution, la mécanochimie offre des réactions plus rapides, de meilleurs rendements et une réduction drastique des déchets. Si elle peut participer à réduire l'impact des synthèses, certaines limitations persistent, notamment en matière de montée en échelle industrielle.
Ses applications sont nombreuses : synthèse de médicaments peptidiques, recyclage des plastiques, fabrication de matériaux à basse énergie ou encore extraction de PFAS, témoignant du fort potentiel de cette discipline pour une chimie moins dommageable à l'environnement.
Bien que ses origines remontent à l'Antiquité, la mécanochimie n'a été formellement définie qu'au tournant des XIXe et XXe siècles par Wilhelm Ostwald. Elle est principalement utilisée dans l’industrie minière (chimie inorganique) mais ses applications en chimie organique sont prometteuses.
Si bien qu’en 2019, l'IUPAC l'a reconnue comme l'une des dix technologies émergentes les plus prometteuses pour un monde durable.