Retour sur notre AG au cours de laquelle nous avons présenté notre bilan moral. Si vous êtiez invité-e mais n'avez pu être parmi nous, voici le texte présenté en introduction de cette soirée :
LA CULTURE, CETTE AUTRE ZAD !
Par Lydie Guézengar, la présidente.
#Culture #Art #Theatre #Creation #Lutte #Intermittence #CGT #EducPop
"L’année qui s’achève a été marquée, avant toute chose, par une perte. Celle d’un adhérent, mais surtout d’un ami, d’un soutien constant et discret de la Cie. Sa présence accompagnait la structure bien au-delà des cadres formels : par son écoute, sa confiance et sa fidélité. Le départ de Christian laisse un vide humain, sensible, qui dépasse les mots.
Et cette disparition s’inscrit dans un contexte plus large, particulièrement éprouvant pour le secteur culturel.
La politique qui lui est réservée, marquée par un durcissement caractérisé des coupes budgétaires, installe un climat de mise en concurrence
généralisée. Elle fragilise les structures indépendantes, précarise les parcours, et transforme peu à peu l’engagement artistique en exercice de résistance permanente.
Les perspectives se ferment, les marges de manœuvre se réduisent, et l’horizon se trouble.
Dans ce paysage le pass Culture apparaît comme un symbole particulièrement frappant de cette déshumanisation des politiques actuelles. Son fonctionnement opaque, lunaire, et le silence systématique opposé à nos tentatives d’échange installent une relation verticale et méprisante. L’impossibilité d’être simplement entendu·e renforce le sentiment d’un mépris institutionnel difficile à ignorer, d’une administration hors-sol, éloignée des réalités concrètes des artistes et des structures de terrain.
Ce silence répété épuise, car il empêche toute compréhension, tout ajustement, toute projection.
L’année a également été marquée pour la Cie par un travail de recherches de diffusion particulièrement intense. Un travail de fond, répétitif, et souvent décourageant malgré l’énergie déployée, nous confrontant à des professionnel-les frileux, fuyants, ou simplement absents. Et ce constat persiste en dépit de la multiplication et de la qualité des outils de communication mobilisés.
L’inventivité est là, l’engagement aussi, pourtant, les réponses se raréfient.
Enfin, chaque création, chaque nouveau projet, continue de représenter un engagement personnel artistique, financier et émotionnel considérable. Cet engagement, pourtant essentiel à la vitalité culturelle, se heurte à une reconnaissance souvent dérisoire et à des perspectives qui demeurent floues, incertaines, voire inexistantes.