Dans son nouvel article de blog, Frédéric Lordon ne décrit pas une série de maladresses diplomatiques mais une séquence cohérente : l’installation assumée d’un rapport de vassalisation entre l’Europe et les États-Unis. 🧵 Fil en 5 points. ↓
Déclarations de M. Trump, silences européens, scènes publiques d’alignement : prises séparément, elles paraissent anecdotiques ; mises bout à bout, elles composent une structure politique stable. (2/5) ↓
Or, cette structure ne produit pas seulement des effets géopolitiques, mais aussi un affect collectif précis : la honte, née du spectacle d’un pouvoir qui ne décide plus. (3/5) ↓
Cette honte n’est pas morale ni psychologique. Elle est politique : elle dit le sentiment partagé d’une souveraineté abandonnée et l’écart désormais visible entre gouvernants et gouvernés. (4/5) ↓
Ironie centrale du moment : en s’alignant pour éviter de décider, le pouvoir remet au centre la question qu’il voulait neutraliser.
La question élémentaire et durablement encombrante : qui décide ? 😏 (5/5)
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Boulevard de la souveraineté

Ses gesticulations n’y pourront rien, c’est la première impression qui restera : le communiqué de la honte. On a compris qu’il s’agit de Macron et du Venezuela. « Corriger », « infléchir » ou, selon le langage automatique du journalisme, « hausser le ton » : c’est presque pire après qu’avant, puisque chaque pauvre tentative de rattrapage n’a pour effet que de re-souligner la misérable chose qu’elle s’efforce de rattraper. À ce stade tous les mots sont légitimes : vassalisation, serpillière, paillasson…

Le Monde diplomatique