Mais nous devons souligner un manque en retours non-verbaux, qui expliquent peut-être davantage que l’impunité une montée de la frustration et des tensions par écrans interposés.
Les dangers de certaines plateformes numériques de prédation « at scale » ne doivent pas dissimuler les limites inhérentes aux écrans… Même si l’absence de contact physique peut aussi rassurer les victimes de violences domestiques.
La troisième explication, qui n’est pas du tout satisfaisante, serait effectivement celle du sentiment d’impunité, qui serait « libérée » par l’« anonymat » (incompétence moins technique que sociologique, anthropologique, et politique).
Car si la nature humaine était mauvaise, de quel point de vue la jugerait-on ? De celui de la dégradation des corps ? Mais considère-t-on la dégradation de tous les corps comme fondamentalement « mauvaise » – celle des corps d’oies, celle des plantes, des champignons ?
Demander un mécanisme d’authentification forte à l’Arcom, comme le fait M. Jean-Philippe Ardouin, c’est méconnaître (ou au moins faire semblant) les mécanismes d’authentification forte imposés par Facebook : impossibilité, en cas de création d’un compte à travers leur service caché, d’utiliser son compte avant de leur fournir une photo claire de son visage, prise par webcam dans un environnement lumineux, que Facebook promet de supprimer après avoir extrait, on imagine, les métadonnées d’identifiction utilisées par leur algorithme de reconnaissance faciale.
L’utiliateur·ice est enserré·e dans un réseau d’authentification garantissant à Facebook la possibilité de collaborer avec les juridictions du marché international, à des fins allant de la répression politique à l’antiterrorisme.
Si l’on ajoute à cela le rôle prépondérant des interfaces de Facebook dans la montée des violences en ligne, qui ne fait que défendre ses intérêts en collaborant le plus étroitement possible avec les autorités, alors les demandes de levée de l’anonymat sur les réseaux sociaux ne semblent avoir qu’un intérêt : la réélection.
Question clôturée le 21 juin 2022
Cause : Fin de mandat
Si je faisais des sciences politiques, je m’intéresserais au sujet en :