Souviens-toi.
Il est mort pour que la France retrouve l'Alsace-Lorraine.
Pour venger Papi qui a vu 1870.
Pour prouver à Maman qu'il était un bon petit.
Pour que sa Mathilde soit fière.
Et son bébé à naître grandisse dans un monde sans Allemands.
Ces méchants.
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La France, au moins, elle apportait la lumière de la Révolution au monde et aux colonies.
Eux, c'étaient des barbares.

C'était évident.
Fleur au fusil.

Puis il vit.
Tout.
Surtout la boue.
Les yeux révulsés de son supérieur qui lui hurlait d'aller bien vouloir crever.
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Il savait que le gras cochon de général dont il pensait du bien,
Restait au palais fumer un cigare.
Pendant qu'il dormait en tranchée.
Avec sa timide cigarette.

Les héros d'avant, bourreaux d'après.
Et Pétain viendra.
Les victimes d'avant, oppresseurs d'après.
Et Hitler viendra.
(3/4)

Et toujours.

L'industriel militaire.

Applaudit d'un côté.

Rit de l'autre.

Cynique ultime.

Il marche sur le drapeau qu'il t'a vendu.

(4/4)