[Patriarcat] Relire ma foi

Ce matin, j’ai verbalisé en silence ma gêne profonde face aux mots « Homme », « Dieu le Père », « Frères », qui croit inclure « Sœurs ». J’aime l’inclusif et le mot « froeur », Adelphité pour Fraternité.

La question est : comment vois-je Dieu en tant que chrétien·ne catholique ?

Je le perçois comme un arbre de lumière, au-delà de toute imagination, posé sur une falaise spirituelle qui surplombe les univers, les cosmos et tous les temps. Pour IEL, le temps n’existe pas : TOUT est là, tout est être, ici et maintenant, d’âge en âge. Mais cela ne suffit pas : iel est aussi pleinement présent·e dans chaque univers, en chaque lieu où la vie peut se répandre. Et la vie se répand et grandit par cette vibration impalpable, immatérielle, qui traverse tout, est en tout, et qui est l’AMOUR d’IEL.

En IEL, il y a aussi l’enfant — l’enfant pur·e — qui ressent au plus profond d’ellui cette présence éternelle (hors du temps), et qui peut indiquer le chemin pour contempler, avec les yeux de l’esprit, par la spiritualité, seul·e ET avec les autres, cette lumière qui échappe à tout et existe aussi au plus profond de nous, ensemble puis individuellement. Cet arbre de lumière est non genré et multi-genré, selon ce qui est nécessaire.

Il a fallu qu’iel soit le Père pendant 2000 ans pour que les personnes humaines l’acceptent et le comprennent un peu. Cependant, aujourd’hui, au bord de nos extinctions possibles, IEL doit prendre une forme nouvelle dans nos mots, car « Père » est devenu synonyme de domination, de pouvoir abusif, vidé de sa puissance aimante. Un mot nouveau pour des outres neuves.

Dieu, dans ma foi, est IEL, et son enfant est Jésus (Je Suis), un être né d’une femme uniquement — donc femme par essence génétique — mais ayant la forme d’un homme. Son enseignement dépasse les genres. Pour que l’Église devienne romaine, la foi a dû muter vers la forme impériale du patriarcat.

Aujourd’hui, nous devons en sortir.

IEL qui est aux cieux (à la croisée de tous les univers)
Que ton nom soit sanctifié (le mot évoque la plénitude d’amour)
Que ton règne vienne (Amour reconnu, et le « à venir » est déjà là)
Que ta volonté soit faite (fête, volonté d’amour)
Sur la Terre comme au ciel (notre cosmos, celui dans lequel est notre Terre)
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour (pain d’amour, et seul « maintenant » existe)
Pardonne-nous nos offenses (nos peurs, notre manque de confiance en la vie)
Comme nous pardonnons aussi (quand nous sommes ici et maintenant)
À celles et ceux qui nous ont offensé·es (et qui nous demandent ce pardon)
Ne nous laisse pas entrer en tentation (ne pas succomber à nos peurs)
Mais délivre-nous du mal (le néant et la peur)
Amen

Oui, dans ma foi, le péché originel est la Peur.
C’est elle qui engendre les grandes fautes qui nous rongent de l’intérieur.

  • La peur de manquer nourrit l’avarice, la goinfrerie et l’envie.
  • La peur de ne pas être aimé engendre la luxure et l’orgueil. (Je tiens à préciser que, selon moi, le polyamour n’est pas une faute. Il s’agit plutôt d’un chemin complexe, où l’équilibre et la vérité sont difficiles à trouver et il faut beaucoup de courage à toustes.)
  • La peur de l’autre se transforme en colère, qui devient souvent haine.
  • La peur de ne pas comprendre mène à la paresse spirituelle.

Ainsi, la peur est le terreau de nos dérives. Elle nous éloigne de nous-mêmes, des autres, et de ce qui nous élève.

Dialogue avec l’ange :

Vendredi 17 Novembre 1944
Entretien 87


Qui est Vérité, pénètre le cœur.
Le cœur a peur.
Il a peur aussi longtemps qu’il est demi,
Et non entier,
Qu’il est partie et non tout.

Et bientôt dans [Patriarcat] j’écrirais sur la propriété

#Oraison #Patriarcat #Spiritualité