Rowling roule contre les trans énième
Rowling, c’est un peu comme ces vieilles voitures qui calaient jadis au démarrage : ça part dans un cahot, ça tousse, mais ça finit toujours par filer droit dans le décor.
Ou alors c'est Christine, on sait pas.
(Pardon Stephen King)

Mais revoyons le film :
Été 2020, elle dégaine un tweet façon blague de vestiaire de sixième. Un article parlait de « personnes qui ont leurs règles » ? Vite, un bon mot : « wumben, wimpund, woomud ». Du Feydeau sans Feydeau, du Shakespeare sans pentamètre iambique.

Standing ovation chez les “gender critical”, malaise généralisé partout ailleurs, chez les gens qui respectent les autres gens.

Comme ça ne suffisait pas, elle a pondu un manifeste de 3 500 mots, habillé en plaidoyer raisonnable. Ou on trouve quasiment à toutes les pages l’anaphore prétéritionnelle putride habituelle « je n’ai rien contre les trans, mais… »
(J’ignore si elle dit qu’elle a même des amis trans)
(Elle doit confondre avec ses champignons).

Puis on déroule le missel : l’autodétermination de genre serait la porte d’entrée pour des floppées de violeurs en série qui n’attendaient que la clé des vestiaires. Oui, un changement d’état civil, et blaaaf, invasion de pervers. Les toilettes publiques transformées en Mordor. Et pour donner du poids à son sermon, Rowling brandit son vécu de victime : « si je souffre, tout le monde doit trembler ». Arme rhétorique imparable pour faire taire les contradicteurs, mais diablement pratique pour torpiller des droits qui ne la concernent pas.

Chaque croisade a ses saintes martyres : la sienne s’appelle Maya Forstater, virée pour avoir clamé que « le sexe est réel » (merci Sherlock, on n’avait pas remarqué), et Magdalen Berns, youtubeuse au répertoire digne d’un café du commerce : « les femmes trans sont des hommes ». Rowling les pare d’auréoles comme on canonise des pandas en voie de disparitions.
Comme elle aime le roman noir, sous son pseudo Robert Galbraith (Hin ? un pseudo de mec ? ^^) elle nous sort l’éternel croquemitaine : un serial killer en travesti. Le fantasme transphobe qu’on nous ressert jusqu’à la nausée depuis le silence des agneaux (à quand le serial killer mascu, non parce que celui-là, j’y crois) recyclé comme une vieille intrigue de Thomas Harris : l’homme sous la robe, danger garanti. Quant au pseudo, quelle divine coïncidence qu’il soit celui d’un psychiatre fanatique des thérapies de conversion. Mais voyons, malheureux que vous êtes, ne cherchez pas de symbole, c’est un hasard, un pur hasard. Lacan, espèce de putois jaune lâche mon manteau et cesse de ricaner !

Depuis, elle ne lâche pas le mégaphone : hourras aux associations qui virent les trans du LGBT, procès en sorcellerie contre les bloqueurs de puberté (rebaptisés par elle « mutilation chimique »), et sermons hebdomadaires expliquant qu’on a bien le droit de ne « pas croire » aux identités trans. Comme si l’identité de quelqu’un était une religion facultative, un Père Noël dont on peut rire. Et pour passer des mots aux actes, Rowling a même sorti le chéquier : 40 000 livres versés à For Women Scotland, association militante à l’origine du Women and Equalities Act, texte pensé pour rogner encore un peu plus les droits des personnes trans au Royaume-Uni.

Mais attention, elle n’est pas transphobe. Elle est rationnelle. Courageuse. Visionnaire. Surtout, elle adore s’écouter rouler des mécaniques.

Ainsi, Rowling ne s’est pas contentée de quelques tweets de travers alors qu'elle était seule et beurrée au champagne caviar, . Elle a embrassé la chapelle « gender critical » avec la ferveur d’un moine-soldat, recyclant les clichés à la pelle, sanctifiant ses héroïnes de bazar et donnant une caution chic à des idées qui, sans elle, moisiraient encore sur des forums boueux et les pierres gluantes de sous lesquelles elles n’auraient jamais du suinter. Et ça continue, encore et encore : Rowling roule contre les trans. Et vu son carburant, elle est pas prête de tomber en panne sèche.

Vous vous en foutez ?

Bin ça se voit, des fois.

Par exemple quand vous acceptez de côtoyer une expo Harry Potter.

@Jeanneadebats si c'était que depuis le silence des agneaux, ce trope du serial killer au genre trouble… ce serait oublier bien des prédécesseurs : Psychose (1960, Alfred Hitchcock), Pulsions (1980, Brian de Palma), et bien d'autres
@Jeanneadebats @david6677
La réponse est non. Comme utiliser les réseaux sociaux qui financent le fascisme. On lit où on utilise, ça leur rapporte de l argent. L argument d occase tient pas, y a les produits dérivés, les films sur les plateformes. Si on aime on vas en parler, faire connaître, et d'autres peut être achèterons.
On explique pourquoi non. Je vous assure, je suis trans, les mômes captent très simplement la question trans, bien avant 9 ans. Et la question de la haine et du rejet qui vas avec.
C'est pas si compliqué de dégager de son espace mental toutes ces personnes qui contribuent à saloper le monde.
@Jeanneadebats merci de consacrer cette énergie a nous défendre 💜

@nosvoixtrans pas de merci, je t'en prie.
Nous sommes toustes concerné.e.s.
Un pays qui en a contre les personnes trans en particulier en a aussi au final et tout court après les femmes cis en général.
Témoin, ces milliers de sportives qui vont devoir se soumettre à des tests humiliants pour prouver qu'elles sont des femmes.

C'est ça l'intersectionnalité.
En défendant les personnes trans, on se défend toustes.