Princess Fragrance (Ann Hui, 1987, 🇭🇰 ) : Suite du prĂ©cĂ©dent, qui surprend par sa sĂ©cheresse : les dĂ©cors dĂ©sertiques, puis les pierres et la neige, imposent un blanc agressif Ă  l'image, pour un film qui troque les illusions chevaleresque du premier par un regard très pessimiste sur les jeux de pouvoir.
Une superbe séquence dans un labyrinthe replonge dans la légende, mais seulement pour prophétiser le destin tragique des personnages.
La musique est magnifique, mais rare, les combats surtout sont souvent silencieux, froids et violents.
Je n'adhère pas au fatalisme du film, qui voit la rĂ©sistance politique comme inutile, puisqu'elle ne ferait que mettre en place un tyran pire encore que celui dĂ©jĂ  au pouvoir ; mais au moins les actions du tyran ne sont pas excusĂ©es, ses appels Ă  l'unitĂ© du pays ne sont que des excuses, il massacre les minoritĂ©s par pure soif de pouvoir.
(Je ne connaissais pas le roman ni la légende de la princesse Fragrance, donc il me manque des clés je pense, mais je trouve d'autant plus intéressant, vu aujourd'hui, que les personnages positifs du film soient des Ouïghours (même si je soupçonne une représentation pleine de maladresses) et leurs allié.e.s, victimes du pouvoir impérial pendant tout le film...)