Pendant que le téléphone charge aux sanitaires je vous raconte un peu ma première #Ciemmona. Déjà pourquoi ce nom ? Eh bien si vous dites les initiales CM en italien ça va sonner chéémmé et c’est le petit nom standard de la masse critique (#criticalmass) en Italie. Avec le mona final on va souligner que celle là c’est la grosse masse critique pas celle mensuelle dans chaque ville (en général aussi le dernier vendredi du mois).
J’avais vu la date assez tôt et j’ai eu des billets de trains à des prix ridicules en première classe (pour avoir plus de place pour le vélo) pour Turin. J’ai posté à ce sujet, je ne reviens pas dessus, seulement pour parler de l’aller/retour à travers le Piémont car la Ciemmona a commencé à Gênes (Genova) et s’est terminée à Savona, 50 km plus à l’ouest sur la côte. Il faut donc manger du dénivelé pour traverser les Appenins et un bout d’Alpes. C’est magnifique, mais j’ai fait peu de photos.
Là c’est la vue depuis mon camping de ce soir camping Viora, je recommande. Surtout si vous aimez commencer la journée par un bon raidillon. Je vous mets la photo avant qu’il y ait du linge partout.
Mais revenons à la #Ciemmona 2025 ! L’événement principal était à Gênes, avec un camp dans la colline au dessus d’un centre social qui offrait des infrastructures : eau, douches, cuisine.
Le camp lui même est fait d’innombrables plateformes en place et pente où il restait très peu de place pour circuler.
Ce sont environ 350 personnes qui dormaient sur place. Pour le grosse masse critique de samedi nous étions plus de 1000. Et traditionnellement nous avons pris une voie rapide : la fameuse passerelle de Gênes.
Ça c’était le samedi. La masse critique se termine un peu après par une grosse fête (avec repas et musique), sur une place au pied de la passerelle. En attendant la mise en place des centaines d’entre nous s’incrustent gentiment dans un show d’évangélistes d’Amérique du Sud où ça danse. Eh bien ça danse encore plus mais c’est queer, féministe, antifasciste, punk. Pur moment de détournement situationniste. Pas de photo.
Bien sûr le vendredi le samedi et même le dimanche on a fait des tours de rond-point, hurlé dans des tunnels et gentiment mais fermentent discuté avec les motorisés.
Le téléphone est à peu près chargé, demain il y a de la route. La suite un autre jour !
Je suis posé dans la ciclofficina bicierin à Turin je vous raconte encore un peu la #ciemmona
Dimanche l’objectif était de rejoindre la gare de Varazze à un quarantaine de km du camp. Puis d’aller à la cyclofficine Afonsina de Savona. Le départ de mon convoi s’est fait presque à l’heure (c’est exceptionnel !) mais dans le groupe d’une cinquante de personnes plusieurs avaient des vélos de prêts d’assez mauvaise qualité et la route cyclable, qui suit une ancienne voie ferrée était fermée à cause d’un éboulement ajoutant du dénivelé. Nous avons donc mis plus de 5h pour atteindre l’objectif.
La Stampa a fait un article plutôt sympa. C’est pas tous les jours qu’un·e journaliste peut placer le mot psychogéographie ! « Variazioni possono essere apportate dal gruppo di testa per ragioni di viabilità o di psicogeografia » https://www.lastampa.it/savona/2025/06/08/news/savona_la_critical_mass_invade_di_ciclisti_la_citta-15182419/
Savona, la critical mass “invade” di ciclisti la città

L’iniziativa si svolge con la finalità di promuovere la mobilità sostenibile a difesa dell’ambiente. Si tratta di un gruppo di persone che decide di pedalare n…

La Stampa
Ce qui me fait penser que j’ai eu une longue conversation sur le situationnisme avec un italien (à vrai dire je ne lui ai pas demandé son genre) samedi soir et il en connaissait un rayon.
À Savona la ciclofficine avait préparé un repas, les bières fraîches en quantité. Comme elle est idéalement située, avec un parking vide en cette saison à l’ombre de pins, avec de bons sanitaires et à deux pas d’une super plage avec douche, on en a bien profité. Pour se baigner (la moitié d’entre nous à poil), pour se reposer et pour tenir l’assemblée qui n’a pas conclu sur le lieu de la Ciemmona 2026, probablement Rome mais d’autres pistes sont explorée car Rome signifierait bcp d’hébergements.
Après quoi on a passé la soirée surprise lace avant de chercher un bivouac dans un lieu moins fréquenté, à quelqu’unes principalement français·es. On n’a pas trop été dérangés, même si un banc de pêcheurs profitait du spectacle le matin.
Le vendredi j’avais tiré sur du papier couleur la nouvelle affiche, encore un peu sobre en informations, annonçant la #VelorutionUniverselle2025 à Paris du 4 au 6 juillet. J’ai fait des flyers et des A4 et avec d’autres personnes impliquées dans l’accueil de l’événement, nous avons fait pas mal de contacts intéressés. Il est très probable que si le camp fonctionne, il soit plein et que nous ayons aussi besoin de loger du monde en couch surfing.
Si vous pouvez vous impliquer dans l’accueil de l’événement, accueillir du monde, monter un camp (voir trouver un terrain si possible pas trop loin de Pantin et du 93) prêter des vélos. N’hésitez pas à me le dire ou à vous adresser à votre atelier vélo !
Pour finir sur la #ciemmona un bravo tout spécial aux personnes qui ont fait, porté et déposés sur la passerelle routières la banderole de soutien aux ouvrier de l’usine d’essieux Fiât de Florence qui lancé dans l’autogestion fabriquent des vélos cargos (type bullit, plusieurs étaient dans la masse critique) et ont besoin de tous les soutiens possibles ! Voir ici : https://insorgiamo.org/french/ #insorgiamo