[ #tutedito - La Rentrée littéraire 2 : les livres]
1- Après le cadre général, passons à la pratique. Comment ça se passe concrètement. Et au début, heureusement, sont les livres.

Donc l'éditeur qui "joue le jeu" planifie ses projets de rentrée. Pour un éditeur qui a une abondance de temps, d'argent et de projets, la planification peut se prévoir longtemps à l'avance, et un calendrier relativement souple est mis en place presque un an à l'avance.

#Édition_Indépendante #rentreelitteraire

2- Pour un indépendant de petite ou moyenne taille, c'est un peu plus compliqué, puisque le rythme de lecture et de travail des textes se fait un peu plus dans la précipitation. Et donc plutôt que de planifier la rentrée avec le meilleur texte possible, on la planifie avec le meilleur texte possible... qui pourra être prêt à temps.

On a de la chance à La Peuplade (et on a fort bossé pour ça, surtout), on a de la visibilité très en amont pour planifier comme on veut, on a de la marge.

3- Donc nous avons en général les textes adéquats à temps pour la promotion de la rentrée, qui, on le verra, commence très en amont de la commercialisation. Généralement, nous proposons un texte écrit en français, et une traduction. Depuis l'an dernier, nous proposons aussi un livre de poésie, mais celui-ci n'est pas du tout concerné par l'effet rentrée.

4- Pour d'autres éditeurs, le texte de rentrée se révèle en janvier ou février, et nécessite un travail accéléré qui laisse peu de place au hasard, aux atermoiements.

Il m'est arrivé en début de carrière de travailler pour des éditeurs pourtant assez établis (et pas indés) qui trouvaient leur texte de rentrée en mars ou avril, ce qui laisse bien bien peu de temps. Il y a 15 ans, on pouvait encore jouer une rentrée avec ce timing précipité. De nos jours, c'est voué à l'échec.

5- En même temps qu'on bosse les textes, on travaille déjà à leur commercialisation, au travers du document central qui permettra de communiquer sur les livres : l'argumentaire.
Je vous renvoie au guide de la diffusion et de la distribution que j'ai commis avec le camarade David Demartis, trouvable gratuitement en ligne sur le site de l'agence régionale du livre PACA pour en savoir plus sur l'argumentaire, en attendant un prochain #tutedito

6- Parmi les nombreuses informations que comporte l'argumentaire, il y a le résumé du livre. Celui-ci peut correspondre au futur 4e de couverture (c'est ce qu'on fait à La Peuplade). Mais la meilleure chose à faire, selon moi, est encore d'écrire un texte légèrement différent.

En littérature, le 4e de couverture a un seul objectif : susciter le désir du lecteur pour qu'il achète notre bouquin.

7- L'argumentaire est un document commercial. Et s'il doit susciter le désir de lecteur (du libraire), il doit aussi donner à celui ou celle qui n'aura pas forcément le temps de lire les clés pour conseiller le livre. Il serait donc plus judicieux, en fonction de la stratégie de com, d'en dire un peu plus.

Comme je suis à plein temps sur les questions de com à La Peuplade, on peut se permettre de seulement jouer sur le côté lecteur du libraire, je suis là pour le côté commercial.

8- Voici doncci-dessous les deux livres que nous allons défendre cette rentrée prochaine, dans un format légèrement réadapté, qui comporte une partie des éléments techniques et le texte d'argumentaire/4e de couverture

9-
Sortie le 14 août
LE BONHEUR
Paul Kawczak
384 PAGES, 9782925416562, 23 €

Automne 1942, près de Besançon, Jacquot, Pinou et Suzanne se cachent sous les ruines du château de Montfaucon, dans une grotte où résiderait le Diable. À la surface, un officier nazi sans visage, le SS-Sturmbannführer Peter Pannus, les traque comme le ferait une bête sauvage, rôdant autour du château et de la petite épicerie de madame Beugnot.

10 - Il sera dit, plus tard, que cet homme glaçant au passé mystérieux soupçonnait ces enfants de posséder d’immenses pouvoirs. Des pouvoirs qui auraient pu changer le cours de la guerre. Aucun élément certain n’étaye ces rumeurs, bien sûr. Mais comment expliquer cette étrange lumière verte, que plusieurs témoins ont rapporté avoir vu s’échapper du monstre et de ses victimes ?
11- Poursuivant son exploration de l’Histoire dans le style du réalisme magique, Paul Kawczak revisite ici la période de l’Occupation. Littéraire et politique, Le bonheur fait d’une aventure palpitante une réflexion sur la solidarité, l’art et la démocratie. Un hommage aux enfants sacrifiés sur l’autel du fascisme, ainsi qu’aux femmes qui les ont protégés.
12- Paul Kawczak est né et a grandi à Besançon. Son premier roman, Ténèbre, a reçu plusieurs prix, en France et au Québec, et a été traduit dans de nombreuses langues. Il vit à Montréal.

13- sortie le 3 septembre
LA COLONIE
Annika Norlin
traduit du suédois par Isabelle Chéreau
576 PAGES, 9782925416586, 24 €

Emelie aime la pulsation de la ville, les foules, elle enchaîne sans compter les contrats et les soirées. Mais un jour, Emelie s’effondre. La jeune professionnelle se voit contrainte de partir s’isoler dans l’arrière-pays suédois.

14- Se croyant déconnectée de tout, elle croise le chemin d’une communauté marginale, composée de sept individus aux destins déconcertants. Entre eux, ils ont inventé un système de gouvernance et des procédés d’autosuffisance. Ils récoltent, bâtissent, dansent, se baignent, dorment blottis sous Grand-Sapin. Comment diable ont-ils abouti dans cette vie insolite ?

15- Arrivée de l’extérieur, Emelie leur apporte une question redoutable : Sont-ils heureux ? La colonie propose, avec humour, intelligence et émotion, de faire l’expérience, par le biais de la fiction, d’une tentative d’émancipation collective.

Couronné de prix littéraires prestigieux, immense best-seller traduit dans une quinzaine de langues, l’original premier roman d’Annika Norlin est un véritable phénomène en Suède.

16- Comme c'est un texte étranger, plus difficile à vendre - parce que "vive la France mère patrie de la Littérature" hein - j'y ai ajouté un document récapitulant les avis étrangers, dont ceux de la presse anglo-saxonne, parce que oui, ça rassure tout le monde de savoir que ça se vend chez les engliches et les américains

17- La Presse étrangère en parle déjà :

« C'est bouleversant. »
— The New Yorker

« Dérangeant, captivant. »
— Critique du New York Times

« Ce qui rend ce livre si intelligent, c'est qu'on suit inconsciemment la trajectoire de pensée d'Emelie à propos de la Colonie : méfiante au début, puis lentement séduite, avant de réaliser que les choses ne sont pas aussi parfaites qu'elles le paraissent. » Ce roman témoigne du pouvoir d’une narration maîtrisée.
— Laura Hackett, The Times

18-

« [La Colonie] examine les possibilités et les pièges de la vie en communauté dans un monde dominé par la pression sociale et les défis environnementaux… une étude impressionnante sur la communauté, les secrets et la confiance. »
— Catherine Taylor, The Irish Times

19 - Et nous voilà donc avec notre matériau de base, et vous allez pouvoir un peu mieux suivre maintenant que vous voyez l'exemple précis.

La suite très bientôt !
(bien évidemment, ces post sont très intéressés, et j'espère bien vous donner envie de découvrir les bouquins, soutenez nous, on a besoin de votre fric pour faire de beaux projets)(et tant qu'à faire, dites-moi si ces éléments de com fonctionnent sur vous, c'est précieux)

FIN (provisoire)

@juliendelorme Bah miam miam ça a l'air super.
@sorcieremisandre tu vas à la rencontre mardi ? normalement les deux livres y seront. sinon je t'envoie !
@juliendelorme j'y vais en effet !
@sorcieremisandre (et autant le Kawczak, tu peux tripper, autant pour ta clientèle, La Colonie s'impose... et tu pourrais tripper aussi)
@juliendelorme je n'avais pas besoin d'être convaincu pour le kawczak, mais l'autre est très tentant aussi !
@juliendelorme sur moi oui, évidemment ;)