[ #VeilleESR #Parcoursup ] Les mesures d’aide exceptionnelles : une sortie de crise à achever pour le budget de l’État - @courdescomptes.bsky.social

La Cour cible en priorité le plan #1jeune1solution et l'apprentissage.

https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-mesures-daide-exceptionnelles-une-sortie-de-crise-achever-pour-le-budget-de-letat

Un graphique très marrant qui montre « l’effet de cliquet ou de palier lié aux crises conjoncturelles, auxquelles il est répondu par une augmentation rapide des dépenses publiques, qui ne se résorbent ensuite qu’incomplètement.»

Il est bancal mais intéressant.

La cour accuse clairement le gouvernement d'incompétence dans tous les domaines.

Mais je vais me limiter à #1jeune1solution

La Cour annonce d'entrée qu'on a pris des dispositifs éventuellement efficaces, et puis qu'on les a inondé de fric jusqu'à ce qu'ils ne le soient plus.
Elle cible en premier l'apprentissage depuis la LCAP (2018, Pénicaud), dont elle estime le coût à 16,5Md€ (= le budget de toutes les universités) avec des « risque d’effets d’aubaine majeurs ».

Critique désormais classique : pour atteindre « 1 million d'apprentis », on a subventionné les formations supérieures publiques et privés.

« Cette évolution conduit à mobiliser l’aide de l’État pour des publics qui rencontrent pour tant moins de difficultés d’accès à l’emploi. »

Et au contraire, ça n'a servi à rien là où ça devait servir.

Ce tableau montre la montée en puissance sans aucune précaution des aides à l'embauche donnée aux employeurs.

On passe de 221 millions au début du mandat de M. Macron à ~4 milliards en à peine 2 ans (= budget du CNRS).

La couverture du coût salarial de l'employeur peut atteindre 103%.

Ca a tout de même eu un effet, qu'on estime à une augmentation de 3 points du taux d'emploi des jeunes.
La Cour propose 3 scenarios pour cette aide :
- 6000€ la première année et pour le pré-bac seulement
- Retour à la situation de 2018 (pré-bac+ PME, recommandé par la Cour)
- 4000€ la première année pour tous les niveaux
La Cour s'attaque ensuite au cout des CFA, dont le nombre est passé de 1 200 à 3 800, grâce à la libéralisation de la LCAP.
Le gouvernement a fait augmenter la dépense sans se soucier de son financement, ce qui nous a coûté 10 Md€ (= 6 millions de création places en Licence).

La Cour a observé une augmentation des NPEC (le financement des formations) surestimée à environ 20%, avec des écarts injustifiés.

Les NPEC ne sont pas transparents, et décidés tout à fait discrétionnairement par on ne sait pas qui.

Conséquence : les CFA se goinfrent, avec des taux de marge à 10%, voire à 20% pour le privé (privé possible seulement depuis la libéralisation de la LCAP car le privé c'est beaucoup mieux et beaucoup moins cher, comme chacun sait).

« Même si les deux baisses déjà intervenues ont assaini la situation, France compétences estime que 36 % des NPC,
représentant 44 % des contrats, sont encore supérieurs aux coûts de référence. »

Voilà voilà. On libéralise, ça part dans le décors, et après on galère à "assainir". Irresponsable.

Mesure structurelle (France Compétences) : arrêter de filer n'importe comment de l'argent public aux structures privées.
Proposition : plafonner au coût moyen, et faire payer l'employeur.

Le principe de la LCAP est que l'Etat finance les employeurs, et que les employeurs financent la formation.
C'est un moyen de donner le pouvoir public aux employeurs privés.

Mais même ça on l'a raté, puisque l'Etat finance aussi les formations.

La raison est qu'on a exonéré à tout va de la taxe d'apprentissage.

Plein d'entreprises ne la payant pas, l'apprentissage n'est pas financé. Sans doute trop compliqué pour la pensée complexe du Mozart de la finance.

Proposition : Reprendre l'Alsace et la Lorraine.

Bon courage !

Après, la Cour parle du FNE-Formation, que je ne connais pas, et les montants n'ont pas l'air ouf.
Et puis du contrat d’engagement jeunes. Pareil.

Bref, la @courdescomptes.bsky.social continue de préconiser de nettoyer les écuries d'augias que sont devenus les CFA et les formations en alternance privées suite à la LCAP et au « quoi qu'il en coûte ».

On connaît au moins une personne qui en a profité.

https://www.liberation.fr/politique/muriel-penicaud-met-un-pied-dans-un-gros-groupe-de-formation-prive-20221128_VUJ43CQBI5G6BOJ3RQ533DAUEQ/

Muriel Pénicaud met un pied dans un gros groupe de formation privé

L’ex-ministre du Travail, à l’origine du «big-bang de la formation professionnelle» avec sa loi de 2018, s’apprête à entrer dans le conseil d’administration d’un gros groupe du secteur.

Libération