📺 Il y a 10 ans jour pour jour sortait #TooManyCooks.

Entre parodie surréaliste des sitcoms des années 70 à 90, et slasher méta dézinguant la nostalgie de son époque, retour sur la plus étrange des vidéos virales de 2014 🧵
https://www.youtube.com/watch?v=QrGrOK8oZG8

Too Many Cooks | Adult Swim

Too Many CooksWatch Full Episodes: http://asw.im/3cyX3aSUBSCRIBE: https://youtube.com/adultswim1?sub_confirmation=1About Adult Swim:Adult Swim is your late-n...

YouTube

Né de l’imagination dérangée de Casper Kelly, #TooManyCooks n’était pourtant pas destiné à devenir un tel phénomène.

Le court-métrage est diffusé pour la première fois sur la chaîne Adult Swim le 28 octobre 2014 à 4h du matin, pendant un segment de 15 min nommé “infomercials”, parodiant la télévision américaine : téléshopping, films d’entreprise, ou encore... sitcoms.

Ce n’est qu’après sa mise en ligne sur YouTube que la vidéo fait le tour de la toile, partagée sur Twitter par Edgar Wright ou Rihanna (entre autres).

Signe du succès du court-mĂ©trage, mĂŞme la très sĂ©rieuse CNN en avait fait une parodie, avec une liste de plus en plus fantaisiste des candidat·e·s potentiel·le·s Ă  la prĂ©sidentielle amĂ©ricaine de 2016 â¤µď¸Ź
https://www.youtube.com/watch?v=D6AlQiWatD4

Election 2016: Too Many Cooks

It takes a lot to make an election stew.

YouTube
Si vous n’avez jamais vu #TooManyCooks, je ne peux que vous inciter Ă  regarder la vidĂ©o avant de poursuivre, au risque de vous divulgâcher â¤µď¸Ź
https://www.youtube.com/watch?v=QrGrOK8oZG8
Too Many Cooks | Adult Swim

Too Many CooksWatch Full Episodes: http://asw.im/3cyX3aSUBSCRIBE: https://youtube.com/adultswim1?sub_confirmation=1About Adult Swim:Adult Swim is your late-n...

YouTube
Commençant comme un gĂ©nĂ©rique de sitcom interminable Ă  la musique entĂŞtante, le court-mĂ©trage dĂ©laisse progressivement le simple comique de rĂ©pĂ©tition pour parodier tour Ă  tour les sĂ©ries policières, d’animation comme « G.I. Joe Â», de science-fiction type « Battlestar Galactica Â», le Wonder Woman des annĂ©es 70, ou encore les soap operas Ă  la « Dallas Â».
Fun fact : le manoir que l’on peut apercevoir Ă  ce moment est le mĂŞme que celui prĂ©sent dans le gĂ©nĂ©rique de #Succession (lui-mĂŞme un hommage au gĂ©nĂ©rique de « The Game Â» de David Fincher) 👇
Tout hommage aux sitcoms des années 80 ne serait pas complet sans un personnage en marionnette partageant le quotidien de la famille Cook, j’ai nommé Smarf — référence évidente à Alf.
Quant aux paroles du thème, elles font rĂ©fĂ©rence Ă  l’expression anglo-saxonne “too many cooks will spoil the broth” (« trop de cuisiniers gâtent la sauce Â»), oĂą Cook dĂ©signe ici le nom de cette famille bien trop nombreuse.
D’ailleurs, les plus de 60 comĂ©diennes et comĂ©diens apparaissant dans le court-mĂ©trage sont quasiment tou·te·s crĂ©dité·e·s sont leur vrai nom, de Candace Mabry Ă  l’iconique Gwydion Lashlee-Walton.

Mais ce générique nostalgique commence sérieusement à vriller lorsqu’un tueur cannibale se met à trucider un par un le casting à la machette.

Et impossible de lui échapper, comme la pauvre Katie Adkins, trahie par les lettres jaunes de son nom qui la suivent partout.

Tandis que le tueur prend la place des personnages, #TooManyCooks devient de plus en plus méta.

En examinant Ken DeLozier, un mĂ©decin se retrouve atteint par la mĂŞme maladie, obligĂ© de sourire Ă  la camĂ©ra tandis que son nom apparaĂ®t...

Puis, dans un moment d’horreur cosmique, les lettres des crédits prennent la place des personnages, et les humains celle des crédits.

Mais dans un dernier sursaut de vie, espérant en finir avec ce cauchemar, Smarf appuie sur un bouton et réinitialise la série.

Tous les personnages sont ressuscitĂ©s, et sourient Ă  la camĂ©ra sur un fond bleu, dans une gigantesque grille rappelant le gĂ©nĂ©rique de « The Brady Bunch Â».

Plus qu’une bizarrerie virale comme une autre, #TooManyCooks se révèle une réflexion passionnante sur la nostalgie, avec ses dizaines de personnages prisonniers d’une série télévisée fictive qui semble n’avoir ni début ni fin.

Une nostalgie personnifiée par le tueur, symbolisant ce système de production qui broie et cannibalise les comédien·ne·s qui incarnent ces personnages et font vivre ces histoires tournant en boucle.

Ă€ moins que... le vĂ©ritable mĂ©chant de l’histoire ne soit Smarf ? Et si le tueur cherchait simplement Ă  abrĂ©ger les souffrances des personnages, Ă  les libĂ©rer de ce système mortifère ?

Après tout, le mĂ©decin ne demande-t-il pas Ă  sa collègue, une fois atteint de la maladie du gĂ©nĂ©rique, de le tuer ?

Seul personnage Ă  ne pas ĂŞtre crĂ©ditĂ© en lettres jaunes, et faisant glitcher l’écran Ă  chacune de ses apparitions, le tueur serait-il un bug dans la matrice, qui fait dĂ©railler la fiction bien rangĂ©e dans laquelle Smarf sĂ©questre le casting de la sĂ©rie ?
Ken DeLozier et le tueur sont-ils la mĂŞme personne, comme le suggère la photo finale du gĂ©nĂ©rique ? Ou bien est-ce un simple clin d’œil Ă  « Shining Â» ?
Les interprétations de #TooManyCooks sont nombreuses, et au final peu importe le véritable sens du court-métrage, s’il en existe seulement un.
Toujours est-il que dix ans plus tard, cette satire mordante de la nostalgie est plus que jamais d’actualité, tandis que la pop culture semble se phagocyter, régurgitant toujours les mêmes produits culturels dans une franchisation à outrance des années 80 et 90.
À la manière de comédiens prisonniers du même rôle depuis des décennies, que ce soit dans certaines sitcoms ou dans les “legacyquels” des années 2010, condamnés à rejouer une version de plus en plus diluée de leur personnage jusqu’à leur mort — et même au-delà, grâce à l’IA.

Difficile également de ne pas voir un peu de #TooManyCooks dans #Wandavision.

Hommage aux sitcoms des annĂ©es 50 aux annĂ©es 2000, la sĂ©rie Marvel mettait en scène des personnages prisonniers de la fiction créée par Wanda, et obligĂ©s de se soumettre aux codes dĂ©suets mais nostalgiques de ces vieilles sĂ©ries â¤µď¸Ź
https://www.youtube.com/watch?v=F9NM518dx1I

All WandaVision opening credits/intro (Episodes 1-7)

YouTube

Quelque peu ironique de la part d’un studio, Disney, devenu le champion incontesté de l’exploitation de la nostalgie du public, notamment à travers les remakes en images « réelles » de ses classiques animés.

Au risque qu’à trop cuisiner ses licences, la sauce ne prenne plus...