Je suis toujours dans ma lecture de #Leroi-Gourhan au #Japon. Il savait écrire !
"Vous sentez qu'il a des formes de cailloux idéales, des bois pourris qui possèdent un talent d'harmonie profond ; et toute cette simple cabane dans un jardin mélancolique et minuscule révèle que sa moindre cheville a été choisie pour s'accorder en mélancolie et en calme avec la pierre, la tuile, le bambou et le chaume du toit. De temps à autre, le maître change une pierre pour une plus près de l'idéal des formes, et rien ne fait sentir du neuf sinon que le jardin a l'air plus vieux encore."
Il ne fait pas que célébrer le zen. De belles pages sur l'atmosphère commerciale urbaine, la "badauderie" et les expositions dans les grands magasins. Ou le goût de la fiction et du mélodrame : "ainsi s'explique la consommation prodigieuse de papier imprimé en revues de tous formats. [...] Le nombre de jeunes filles respectables qui prennent la direction des maisons closes pour sauver l'honneur de la famille est proprement incalculable, on les accumule ; par exemple, toutes les sœurs avec des épisodes variés mais tous déchirants. [...] C'est un peu la vie réelle que les gens vont pleurer dans les salles sombres, mais alors que nous cherchons à en sortir par des histoires qui finissent toujours bien, ils demandent à la fiction le droit de libérer ce que la rigueur des convenances leur interdit de pleurer dans la vie."