#agriculture #acs
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Pourquoi aucun papier qui parle des solutions sur la crise agricole ne parle des techniques sans labour, le semi directe, les cultures intercalaires appliqués aux grandes cultures ?

Ça permet:
- de baisser les intrants
- de baisser la puissance du tracteur (donc sa consommation)
- une vraie gestion de l'eau grâce à une excellente infiltration dans le sol permettant de réalimenter la nappe phréatique
- la reprise de la biodiversité du sol donc sa bonne santé (un peu comme le microbiote)
- le captage supplementaire de carbone

Il reste des recherches à faire (se passer du glyphosate) mais c'est fou ce silence assourdissant !

2/
Un bel exemple d'exploitation en culture fourragère (blé/prairie) en #acs ET #bio !

"En bio depuis 1997, en sans labour trois ans plus tard. Concilier bio et agriculture de conservation, chez lui, ça marche, en tout cas pour l’instant. Le taux de matière organique de ses sols est passé de 3 à 5,9 % en vingt ans.

L'éleveur laitier, installé en Gaec sur 104h avec deux autres asso., élève des vaches norm. et croisées (360 000 litres) et produit des plantes médicinales. Le système est très herbager (avec séchage de foin en vrac), les vaches produisent en moyenne 7 000 kg, dans la moyenne de groupe conventionnel pour ce type de race."
https://www.web-agri.fr/herbe/article/848329/au-gaec-des-rossignols-on-conjugue-bio-et-sans-labour-avec-succes

Une exploitation laitière herbagère en bio et sans labour

Pas de glyphosate et pas de labour non plus, au Gaec des Rossignols, dans le nord Mayenne. Dans son exploitation laitière très herbagère, Pa...

Web-agri

3/
Suite à une discussion sur le #phosphore, un élément précieux et limité dans l'agriculture.
https://piaille.fr/@gomli/111834036825763953

Pour une gestion durable de ce minéral précieux, il faut miser au maximum sur son cycle local :
sol - plantes - animaux - sol
La disponibilité dans le sol est soit directe avec les urines, soit après décomposition des os par des champignons.

Pour une gestion durable il faudrait donc au minimum :
- épendre les urines des bêtes élevées
- remettre les os (broyés) de ces bêtes au sol pour pouvoir être digérés par les champignons
- faire de même pour les humains
- avoir un sol vivant non labouré et sans pesticides pour pouvoir fermer le cycle

gomli (@[email protected])

@[email protected] Le lien sur la production d'engrais phosphatés (qui est effectivement une catastrophe humaine et écologique) m'a fait faire des recherches sur le cycle du phosphate. On y apprends que la conjonction de l'amendement massif aux phosphates avec le laboure et la non récupération du phosphate des effluents des villes provoque une brèche dans ce cycle vitale pour tous les êtres vivants, par le lessivage et eutrophisation des eaux en aval. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Cycle_du_phosphore

Piaille
@gomli on peut aussi s'aider de tout un ensemble de plantes comme les vesces, la féverole, certains trèfles, certaines graminées...
Ou un mix avec des cultures différenciées en interrangs
L'action des racines de ces plantes via une association mycorhizique et des bactéries permet une mobilisation du phosphore.
Préalablement il est bon de se raccrocher aux analyses cantonales de teneur des sols en phosphore pour piloter l'ensemble au mieux.

@bellule
La limite, c'est que ces plantes ne peuvent pas faire revenir du phosphore exporté par les cultures, la viande et le lait. Tout ce qu'on mange repart actuellement en grande partie directement dans la mer via les cours d'eau (d'où l'eutrophisation et autres joyeuseté).

Ça nous rends alors dépendants, quelque soit le type d'agriculture, des engrais phosphatés externes provenant d'exploitation qui sont des catastrophes humaines et écologiques.
https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/enquete-utilise-pour-l-agriculture-francaise-le-phosphate-provoque-une-catastrophe-sanitaire-en-tunisie_6133902.html

ENQUÊTE. Utilisé pour l’agriculture française, le phosphate provoque une catastrophe sanitaire en Tunisie

Le géant breton de l’agroalimentaire Roullier possède deux usines à Gabès en Tunisie, où il produit des compléments alimentaires pour l’élevage. Il achète son phosphate à un complexe chimique responsable d’une catastrophe écologique.

Franceinfo
@gomli tout dépend de la localisation. En Europe, les apports en P sont en large excès depuis des décennies (surfertilisation) et les quantités exportées, par exemple, par une production céréalière représente le plus souvent moins de 50% de l'apport. C'est donc, dans la zone géographique citée, souvent une difficulté de mobilisation de P, d'où mon post précédent

@bellule
Bien sur c'est important et ce genre d'associations de culture font partie des bases, donc c'était pris en compte implicitement (vu qu'on est dans le fil sur l'ACS)

Je voulais plus parler d'un problème structurel supplémentaire peu connu et lié intimement à notre mode de vie moderne (en dehors des situations et historiques de culture locales).