Face aux crises climatique et écologique, les politiques publiques ne peuvent plus ignorer les savoirs scientifiques.

Alors que la faillite de la gouvernance climatique s’expose à la COP28, nous scientifiques ne voulons pas participer au mirage toxique du technosolutionnisme: manipuler le vivant et les grands équilibres de la planète n'est pas une solution

Libération

L’anthropocène – l’ère géologique qui voit une partie de l’humanité transformer, voire détruire, profondément l’environnement – est une période de crise qui nous force à prendre conscience de notre milieu de vie et à questionner notre rapport au monde et à nos modèles de société.

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Les savoirs essentiels pour comprendre le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui existent, ils émanent de multiples disciplines et peuvent aider à construire collectivement le monde de demain en repensant l’organisation de nos lieux de vie, notre mobilité, notre alimentation, etc. Depuis des décennies les scientifiques alertent sur les limites planétaires et l’exploitation effrénée des ressources naturelles qui sont à l’origine des crises climatiques, écologiques, sociales, sanitaires.

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La surconsommation d’une petite partie de la population humaine est en train de détruire nos écosystèmes naturels et de menacer la fondation même d’une vie saine et digne pour toute la population humaine.

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En miroir de cette crise, de nouvelles sciences plus terrestres, comme la climatologie ou l’écologie, mais aussi l’anthropologie, l’épidémiologie sociale... renouvellent notre rapport au monde, enrichissent notre compréhension des phénomènes notamment des crises auxquelles nous sommes confrontés. De nouvelles approches interdisciplinaires et situées permettent de mieux appréhender la complexité de la situation, les multiples dimensions des problèmes et enjeux de la crise.

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Pour donner un exemple, le lien entre l’utilisation du pétrole et celle du gaz et la disparition des glaciers en Antarctique impacte directement la vie de toutes les populations vivant au bord de mer, surtout dans les pays pauvres ...

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– l’application des principes d’agroécologie ne permettrait pas seulement de nourrir toute l’humanité avec une économie agricole fiable, mais cela réduirait aussi nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et donc le nombre et l’ampleur des catastrophes climatiques.

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Des savoirs pas pris en compte

Pourtant, aujourd’hui, ces savoirs ne sont pas pris en compte dans la mise en place des politiques publiques. La réduction d’utilisation des énergies fossiles, par exemple, et l’utilisation augmentée des énergies renouvelables sont une réelle possibilité, mais elle doit s’accompagner d’une véritable politique de sobriété.

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Pourtant, dans pratiquement tous les secteurs, les politiques publiques continuent de favoriser la croissance de la consommation en occultant tout débat public et démocratique sur les véritables besoins des populations.

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Le couplage entre sciences et politique, qui a longtemps animé le développement des sociétés modernes, et qui en réponse à la crise s’est doté d’un instrument de transfert des savoirs transparent et crédible – Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le Giec, mais aussi l’IPBES, ne fonctionne plus.

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Les acteurs politiques prennent des décisions gravement inadaptées, au moment des COP mais aussi au travers des politiques publiques nationales, en construisant des infrastructures basées sur les énergies fossiles qui non seulement sont inutiles et anachroniques mais contribuent à hypothéquer l’avenir des générations futures.

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Notre rôle social en tant que chercheurs est de produire des connaissances au service de l’intérêt général, des savoirs sur lesquels les politiques publiques vont s’appuyer. Face à l’inaction climatique et écologique et l’échec des alertes que nous avons lancées depuis des décennies, les scientifiques cherchent aujourd’hui d’autres façons de mobiliser ces connaissances dans l’espace public.

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Cette nécessité de mettre les savoirs au service de l’intérêt général, notamment en situation de crise, explique l’engagement nouveau et de plus en plus de scientifiques dans l’espace public. Mais quel engagement ?

La trajectoire suicidaire de nos sociétés

Certains pensent que l’on peut continuer à faire comme avant, comme le montre la tribune «Projet Manhattan» qui mobilise des imaginaires périmés et contre-productifs.

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Produire toujours plus de connaissances ne suffira pas à infléchir la trajectoire suicidaire de nos sociétés : encore faut-il que ces savoirs soient pertinents et utilisés. Pour cela, les Scientifiques en rébellion pensent qu’il faut renouer les liens entre sciences et politique, remettre les savoirs et les scientifiques en démocratie.

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C’est pour cela que nous avons organisé l’AlterCop28 du 30 novembre au 3 décembre à Bordeaux, quatre jours qui s’offraient comme une alternative citoyenne pour échanger, débattre entre chercheurs, militants, associations et inventer d’autres façons de répondre à l’urgence climatique.

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Nous ne voulons pas que nos savoirs servent à entretenir le fantasme d’une société basée sur le pillage et le saccage de la planète, qui place la financiarisation et le business as usual au-dessus des réalités physiques de la planète et de l’intérêt des populations. Nous ne voulons pas participer au mirage toxique du techno-solutionnisme, de la géo-ingénierie à l’hydrogène vert : manipuler le vivant et les grands équilibres de la planète n’est pas une solution mais bien le problème.

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Nous voulons que les sciences redeviennent un outil de compréhension du monde humain et non humain, qu’elles nous permettent à toutes et à tous de reprendre notre destin en main.

La faillite de la gouvernance climatique, telle qu’elle s’expose avec une forme d’indécence à la #COP28 de Dubaï, démontre l’urgence aujourd’hui d’adapter notre façon de penser et d’agir face à la crise systémique qui fait vaciller nos sociétés, que l’on soit scientifique ou citoyen.

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@wolfgangcramer  
au même temps :
innovation... dynamique vertueuse : elle adresse des enjeux industriels et participe au développement économique du pays
https://social.numerique.gouv.fr/@cnrs/111410359115471507
CNRS 🌍 (@[email protected])

Attaché : 3 images #TalentsCNRS 🏅 ❝Cette politique d’innovation du CNRS s’inscrit dans une dynamique vertueuse : en apportant des réponses aux grands défis de notre société, elle adresse des enjeux industriels et participe au développement économique du pays.❞ @antoine_petit_, PDG du @cnrs.

social.numerique.gouv.fr
@maxsol ...involontairement, M Petit résume toutes les problèmes...

@wolfgangcramer résumer comme synthétiser ? je ne pense pas que ça soit involontaire, je ne crois pas à la bonne fois
j'aimerais que nous commençons à nommer l'ennemi, même celui qui se cache ou qui fait semblant d’être un ami (faux)

PS
merci d’être comme vous êtes
take care