Démarrage des Journées #BiblioPat23 avec les discours introductifs du vice-président à la culture de l'agglomération de Niort, Alain Chauffier, la directrice de la Médiathèque Pierre-Moinot Elsa Fritsch et la Présidente de l'association BiblioPat, Caroline Poulain.
On commence par la conférence inaugurale de Chloé de la Barre, sur "Les fonds d’érudits locaux au prisme des partenariats : méthode d’enquête, état des lieux et visibilité."
Tout est parti d'un questionnement sur la visibilité de ces fonds pour les chercheurs.
L'histoire de l'érudition et des pratiques savantes est en plein renouvellement (après les travaux de D. Roche et J.P. Chaline). Les concepts employés par les professionnels des bibliothèques ne recouvrent pas toujours le vocabulaire des historiens : "fonds d'érudits", "fonds particuliers"...
La figure de l'érudit local, qui fréquente assidument services d'archives et bibliothèques, nous replonge dans une réalité historique et sociologique du 19e siècle.
#archives
#bibliothèques
Chloé de la Barre a mené 2 enquêtes pour voir ce qui faisait la visibilité des fonds d'érudits. Ces enquêtes auprès des bibliothécaires et des membres de sociétés savantes ont permis de déterminer que les fonds d'érudits se trouvent dans les bibliothèques diocésaines, de sociétés savantes, universitaires et principalement les bibliothèques municipales.
Il existe un vrai enjeu d'accompagnement des fonds dans les bibliothèques des sociétés savantes par les bibliothèques municipales : classement, traitement intellectuel, conservation, mise à disposition du public.
Le cas majoritaire : les fonds d'érudits se trouvent en bibliothèque territoriale. Ce sont des lieux que ces érudits fréquentaient. C'est également lié au travail d'enrichissement des bibliothèques territoriales au 19e et début 20e. "Localomania" : passion du public pour l'histoire de leur territoire. Par l'acquisition de fonds d'érudits, les bibliothèques acquièrent des documents originaux, des copies de documents disparus à la Révolution, des tirés-à-part, des plaquettes...
Il existe aussi un prestige attaché aux bibliothèques : donner ses archives de travail à un tel établissement est une manière pour l'érudit d'assurer sa postérité.
Les fonds d'érudits sont souvent des ensembles hybrides fonds/collection. Autre difficulté : le bibliothécaire n'est pas forcément à l'aise face à la diversité documentaire. On a donc une coexistence de pratiques archivistiques (respect des fonds) et bibliothéconomiques (classement par format et/ou type de document).
Une forme d'unification de traitement est en cours dans les bibliothèques territoriales grâce à l'arrivée de #TapIR, pour décrire ces ensembles en #EAD (et le soutien fort du ministère ces quelques dernières années). Mais il existe encore des diversités de mode de catalogage.
Pourquoi valoriser ces fonds d'érudits, qui sont moins prestigieux que d'autres et pas toujours prioritaires ? Parce que le public les trouve utiles pour leur contenu thématique, pour l'un des documents (ou une copie) contenus dans le fonds (source unique ou rare), pour l'histoire d'une localité spécifique, pour de la recherche généalogique...
Cette valorisation passe par la visibilité par le Catalogue collectif de France #CCFr, le site de la bibliothèque, ou la page Wikipedia de l'érudit. Attention, les membres des sociétés savantes sont davantage habitués aux inventaires des services d'archives qu'aux portails et catalogues des bibliothèques patrimoniales. Attention également aux stratégies de mises en valeur via les bibliothèques numériques (plan de classement ; mises en avant d'images...).
Suite du livepouet en direct des Journées #BiblioPat23, avec la première table-ronde :
Les partenariats possibles pour les missions touchant à la conservation et à la restauration des collections, modérée par Clotilde Angleys.
Caroline Picard : Mécénat de la Fondation de l'Université de Poitiers pour la restauration d'ouvrages patrimoniaux du SCD. Le fonds ancien fait partie des trésors de l'université. "J'adopte un livre" : modèle anglo-saxon, décliné par exemple par le Chateau de Versailles. 12 ouvrages anciens concernés, sélectionnés par priorité de restauration et rareté.

Mise en place d'une brochure de 12 pages. Coût de l'adoption : 1000€. Double-page pédagogique sur les aspects techniques de la restauration pour les mécènes. Prospection par cercles concentriques : réseau des partenaires / communauté univ. / grand public. Défiscalisation : 60% pour les entreprises, 66% pour les particuliers.

Les contreparties offertes ne dépassent pas 25% du montant du don : il faut être imaginatif.

Nécessaire de conventionner avec le mécène (formulaire de don).

Facteur de réussite : 1 objet = 1 mécène, qui permet de créer un lien affectif avec l’œuvre adoptée.

Bien communiquer sur les actions qui vont être mises en place. Bien expliquer les délais. Bien prévoir le temps à passer auprès des mécènes particuliers. Assurer également une diversité des types de livres sans se restreindre à un thème (par ex. : théologie, sujet auquel le public est peut-être moins réceptif).

Malgré ces différences, des problématiques communes sont apparues. De nombreux échanges ont eu lieu lors de visites : découverte de pratiques différentes, repérage d'espaces potentiels de repli, de matériel utilisé, témoignage sur la réponse apportée aux sinistres passés.
La mise en place des PSBC nécessitent des besoins en matériel (nombre, variété) dont aucun établissement ne dispose seul.
Le besoin de cadrage juridique a amené à préparer une convention, qui a été retravaillée collectivement.

Les articles de la convention précisent le cadre de l'intervention des personnels volontaires, les divers engagements financiers...

Une obligation de confidentialité et de discrétion a été ajoutée, afin que seul l'établissement concerné par le sinistre puisse communiquer sur le sujet.

En cours d'étude : l'ouverture à d'autres partenariats et l'extension du périmètre géographique, et l'articulation avec la démarche menée avec le SDIS86 pour l'établissement de PSBC opérationnels d'intervention.

Romain Saffré : Les amis des musées de Saint-Omer au service du récolement.
Le bénévolat dans les musées d'histoire naturelle est assez ancien. Pas de professionnel avant 1929. Pendant longtemps, l'établissement a manqué de personnel et de moyens et beaucoup d'objets n'avaient pas été inventoriés.
La société des amis des musées a été sollicitée pour de l'aide à l'inventaire des médailles (prise de photos, description), puis des 6800 oiseaux (inventaire, dépoussiérage), et des minéraux.
Clé du succès : avoir un suivi extrêmement strict du travail des bénévoles.

Nathalie Silvie : la collaboration entre le lycée Tolbiac et les institutions patrimoniales.

Mention complémentaire "Entretien des collections patrimoniales" : formation d'un an, de niveau CAP depuis 2008, créée pour répondre à un besoin identifié sur le dépoussiérage et l'entretien de premier niveau des collections de patrimoine écrit. 175 élèves formés en 15 ans. Cette formation peut servir de tremplin pour une formation complémentaire (relieur, restaurateur, régisseur...).

Les élèves font des travaux pratiques dans un établissement de conservation, en tant que techniciens de préservation, qui épaulent des restaurateurs.

Il s'agit de mini chantiers de collections, avec une chaine opératoire et un compte-rendu rédigé par les élèves.

Une association des techniciens de préservation a été créée, qui permet de donner de la visibilité à la formation et au diplôme.

On termine la journée #BiblioPat23 par les visites de la bibliothèque et de l'exposition consacrée aux 250 ans de la #bibliothèque de Niort.
Et on démarre cette deuxième journée #BiblioPat23 à la médiathèque de Niort (après le café offert par l'ALCA : merci à l'agence !) par une table-ronde intitulée "Les partenariats possibles pour les missions touchant au signalement" [du patrimoine écrit des bibliothèques], modérée par Julie Proust (AR2L Hauts-de-France).
François Lopez (ALCA) : les agences sont fondamentalement au coeur des coopérations de signalement des collections. Volonté d'aller chercher de nouvelles dynamiques partenariales. Le soutien par le ministère (plan national de signalement a permis la création d'un poste de coordinateur). La convention pôle associé BnF/DRAC/ALCA donne un cadre de travail.
En 2022, le travail de la Commission Patrimoine DRAC/ALCA a été organisé en 5 groupes. Candidature collective à l'appel à projets PAPE 2023, coordonnée par l'ALCA après identification des fonds à traiter et des institutions prêtes à s'engager. Il a été essentiel d'échanger avec de nombreuses bibliothèques ainsi qu'avec les autres agences régionales : 25 structures rencontrées dans leurs locaux. Mais difficulté à coordonner les calendriers budgétaires et administratifs.
Cette préparation de l'appel à projets s'accompagne d'une collaboration essentielle avec le service du Catalogue de France de la BnF (formations, webinaires...), et l'identification de personnes ressources en local.
Actuellement, traitement de 5 collections d'imprimés et 5 fonds d'archives et manuscrits.
Rémy Cordonnier présente les actions de coopération avec des universitaires (IRHT, notamment) pour la description des manuscrits notés, les filigranes, les manusrits et éditions anciennes des auteurs antiques de la Bibliothèque de Saint-Omer.
Romain Wenz (Univ. Bordeaux) : on remarque que les fonds numérisés sont beaucoup plus cités dans les travaux de chercheurs (visibilité via Gallica, en particulier). Travail énorme de numérisation des thèses anciennes (parfois avec signalement a posteriori), et de description des fonds d'archives.
Elise Laviéville (BM Roubaix) : la bibliothèque numérique de Roubaix est en ligne depuis 2008 ; sa refonte a été l'occasion d'un ajout de fonctionnalités participatives, accompagnées d'ateliers pratiques avec des "mordus du patrimoine". Objectif : créer des communautés, autonomiser ces chercheurs dans leur travail sur les collections. 30 à 40 personnes ont été touchées en 13 ateliers conviviaux (café, goodies).
Résultats mitigés sur la correction d'OCR mais concluants sur les transcriptions.
Ces ateliers sont des moments d'échanges irremplaçables sur la bibliothèque numérique, sur les métiers de bibliothécaire et d'archiviste, sur les souhaits des chercheurs locaux...
Il est maintenant l'heure de la dernière table-ronde des journées #BiblioPat23 : "Les partenariats possibles pour les missions touchant à l'enrichissement des collections", modérée par Catherine Granger (Bib. Forney).