Puisqu'on me l'a demandé à l’unanimité (
@STPo 😀 ), un petit fil sur les albums de Napalm Death, groupe que je vénère!
Plutôt que de faire une longue chronique par album, ce qui a été fait par bien meilleur que moi, je vais plutôt faire la chronique de mon rapport à Napalm à travers ses albums. Et comme je les ai découverts dans l'ordre, à quelques exceptions près, je vais garder l'ordre des sorties.
Scum (1987). J'ai découvert cet album vers 1994 ou 95, pas si longtemps après le Black Album, Iron Maiden et Slayer. C'est un voisin qui me l'avait prêté en vinyle. Le choc a été assez rude lors des premières écoutes. Il faut dire que cet album, plus enregistré par un collectif que par un véritable groupe, a ni plus ni moins posé les bases du Grindcore (avec Carcass et Repulsion). J'ai encore la K7 copiée du vinyle. L'intro est malsaine, le reste n'est que furie.
Quelques morceaux, comme Siege of Power sont plus construits quand d'autres passent à toute vitesse, à l’instar de You Suffer, rentré dans le Guiness comme morceau le plus court de l'histoire avec ses 1.316 secondes au compteur!
Pour moi, il y a eu un avant et un après Scum. Ayant atteint l'ultraviolence, j'ai exploré tous les autres styles ensuite. Cet album m'a beaucoup aidé dans les moments durs, il a un vrai pouvoir cathartique pour les réceptifs. Pour les autres, ça restera du bruit 🤘

Napalm Death - Scum (Official Audio)
YouTubeFrom Enslavement To Obliteration (1988). Dans la droite ligne de Scum, mais plus homogène, cet album ne fait pas dans le détail. Après une intro marquante, c'est blast beat à tous les étages! Arrivée à la basse d'un Shane Embury toujours présent aujourd'hui. Le son est toujours très noisy, avec de la saturation sur la basse. Les morceaux sont plus longs (tout est relatif) avec des cassures rythmiques vraiment chouettes (Cock-Rock Alienation).
Display To Me est presque un morceau de GrindProg, avec tous ses rythmes différents. D'ailleurs la batterie dans Napalm, c'est pas que rapide, c'est super créatif avec des patterns entendus nulle part ailleurs. Intro batterie véloce puis basse disto caractéristique sur Practice What You Preach.
Mentally Murdered est également un morceau qui m'a marqué avec son gros changement de plan.
Et puis il y a les deux morceaux ultra-courts de la fin 😀
J'ai un souvenir ému de la tête d'un camarade de classe (j'étais alors en 2nd) lors d'une écoute! Pas aussi marquant que Scum (plus d'effet de surprise), mais très bon album et fin d'une période pour le groupe. Je crois bien que c'est le premier album de Napalm que j'ai acheté.
https://www.youtube.com/watch?v=8ccef0zAMbE
#RadioTeigneux #NapalmDeath #Grindcore #Metal

Napalm Death - From Enslavement To Obliteration [Full Album]
YouTubeHarmony Corruption (1990). Changement à tous les étages! Exit Lee Dorian et Bill Steer, respectivement partis pour Cathedral et Carcass, welcome Mark "Barney" Greenway au chant, Mitch Harris et Jesse Pintado aux guitares.
Ensuite, changement dans le style et le son. Si le Grind des débuts refait surface par moment, on a ici plutôt affaire à un disque de Death Metal. Pas d’intro pesante cette fois. Cet album n’affiche "que" 11 titres quand Scum et From Enslavement tapaient les 28 et 27 titres!
Le 11ème morceau est un bonus.
L’album est enregistré aux mythiques Morrisound Studios en Floride par Scott Burns, producteur émérite qui a sorti quelques classiques du Death Metal. Le son est beaucoup plus propre, la batterie est claire, la grosse caisse claquante. On est loin du grind cratingue du début avec son son bien baveux.
Le riffing, très death, rappelle Terrorizer (Pintado en a fait partie, ceci expliquant sans doute cela).
Mick Harris à la batterie se réinvente sur cet album (son dernier avec Napalm) et nous offre des tapies de double pédale assez nouveau pour le groupe, sans rechigner à envoyer du Blast beat, mais aussi a ralentir sérieusement le tempo. Les morceaux s’en trouvent plus contrastés et plus longs.
J’ai découvert cet album après d’autres plus récents pour l’époque (on est juste avant l’an 2000) et il m’a bien plu. Je n’étais pas du tout dans l’analyse de l’évolution stylistique, c’était du bon son et je le prenais comme il venait. Aujourd’hui, j’écoute toujours avec plaisir If The Truth Be Known, et surtout Suffer The Children, LE hit de cet album. D’ailleurs, c’est un incontournable joué à chaque concert.
https://www.youtube.com/watch?v=vIOf006sql8
#RadioTeigneux #NapalmDeath #Metal

Napalm Death - Harmony Corruption + Mentally Murdered E.P. [Full Album]
YouTubeDeath By Manipulation (1991). Je passe vite sur cette compil' qui propose des réenregistrements de vieux morceaux avec le nouveau line-up et un son death plus propre que les originaux. Je trouve que ces nouveaux atours sont un peu trop clinquants et je leur préfère le cracra baveux des premières versions. Malgré cela, le pont modifié de Siege Of Power est très intéressant et c’est dans cette version qu’on le trouvera sur le Bootlegged In Japan. Pas un indispensable mais sympathique tout de même.
Utopia Banished (1992). Arrivée de Danny Herrera derrière les fûts et qui ne démérite pas. Napalm renoue ici avec une intro indus dérangeante à souhait. L’album, enregistré par Colin ‘Mr. Soft’ Richardson, verse comme le précédent dans le Death mais on retrouve plus d’éléments grind. Le son lui même est moins clinique et sonne un peu plus sale, ce qui est raccord avec le propos musical.
Je ne sais plus trop quand j’ai découvert cet album. Probablement au lycée et avant Harmony Corruption.
C’est pour moi un très bon album, équilibré en terme de violence et de précision. J’adore le morceau The World Keeps Turning avec ses différents plan de batterie. Les riffs qui suivent la batterie sont complètement hallucinés. Le riff du début de Juidicial Slime est excellent aussi, mais tout ce morceau est parfait. L'outro rappelle l'intro, clôturant l'album et laissant le malaise s'installer.

NAPALM DEATH Utopia Banished (Full Album) 4K/UHD
YouTubeFear, Emptiness, Despair (1994). Je me vois encore le cd à la main dans l’espace culturel Leclerc, le vendeur m’en disant le plus grand bien. C’était un temps où cet espace culturel avait un vrai rayon metal, avec une selection de disques en écoute. J’y ai acheté entre autres merveilles mon Roots de vous savez qui, et en digipack s’il vous plait, object plutôt rare à l’époque. Le vendeur, un passionné, est ensuite parti je crois rejoindre Holy Records. Et l’espace culturel a disparu…
Ex-vendeur de l’espace culturel, si tu lis ces lignes, sincères salutations!
Mais revenons à Fear, Emptiness, Despair le bien nommé. Le premier morceau Twist the Knife (Slowly) (quel titre!) annonce la couleur: noir suie! Les grattes sont étouffantes. La caisse claire, très aigu est mise en avant. Les tempi sont lents (pour du Napalm) et renforcent le sentiment d’oppression.
Des fulgurances déboulent sans crier gare, comme sur Hung ou Plague Rages, rappelant à grand coup de blast beat les anciens travaux du groupe. Remain Nameless est également un super morceau, les plans étant tous plus imaginatifs les uns que les autres. Et toujours cette ambiance poisseuse.
Ce disque très homogène dans son atmosphère est vraiment génial, pour moi un des meilleurs Napalm Death. Je ne vais pas faire du titre à titre, tous les morceaux sont excellents.
Les plans de batterie sont vraiment originaux mais jamais au détriment de l’efficacité. Les guitares ne sont pas en reste et proposent des riffs très intéressant également. Cet album a clairement marqué mes années lycées et c’est un de ceux que je réécoute régulièrement.
A noter que le groupe abandonne sur ce disque son traditionnel logo pour celui qui sera associé à sa période Death. Il reviendra au logo ancestral en même temps qu’au Grind.
Autre anecdote: Twist the Knife (Slowly) (non mais vraiment ce titre!) fait parti de la bande son de Mortal Kombat (le film), ce qui a donné de la visibilité au groupe (merci
@wikipedia je l’ignorais).

Napalm Death (Fear, Emptiness, Despair) - [Full Album]
YouTubeDiatribes (1996) On arrive aux albums que je trouve moins intéressant. Pas qu’ils sont mauvais, juste qu’ils n’arrivent pas à tenir la comparaison avec les albums d’avant. Pour autant, à part Diatribes que j’ai acheté bien après, j’ai acheté tous les autres au moment de leurs sorties.