…Et donc au final, tout ça pour ça. Dépenser le modeste capital politique obtenu en 2022 dans une réforme ni structurelle ni pérenne, vu qu'il faudra revenir sur ces paramètres dans environ 10 ans. #Retraites

Ce que cette séquence révèle surtout à mon sens est qu'#EmmanuelMacron relève du #PrincipeDePeter et devrait donc démissionner.

J'ai déjà dit que mon principal grief contre cette réforme des retraites, millésime 2023, est son entrée en vigueur à brève échéance (avant la fin de l'année civile), mais juste après vient le grief que, structurellement, rien ne change dans le régime général, contrairement à la celle discutée (et ultimement abandonnée) lors de l'hiver 2019-2020.

En faisant une réforme structurelle avant, on pouvait espérer assurer la pérennité du système pour 20 ans au lieu de refiler le problème au suivant.

(Je ne suis pas optimiste sur la possibilité de réformer pérennement pour un horizon au-delà de 20 ans; si des systèmes alternatifs à points ou à capitalisation peuvent permettre de ne plus dépendre aussi directement des variations de #PyramideDesAges, l'équilibre de ceux-ci reste vulnérable à l'allongement de la durée de vie et il semble difficile de faire directement prendre en compte cette donnée dans les paramètres.)
Et donc, ayant fait une réforme "d'entretien", cette dépense de capital politique ne ressemble pas vraiment à un investissement politique; ça arrangera peut-être le successeur qui sera bien content en secret de ne pas avoir à y revenir (et encore, s'il n'est pas réélu), mais je cherche encore les effets qui rendront reconnaissant qui que ce soit d'autre, même une fois que de l'eau aura coulé sous les ponts.

L'exemple typique d'une réforme qui constitue un tel investissement politique réussi, c'est l'#AffordableCareAct voulu par #BarackObama. D'inspiration #SocialeLibérale proche (même si évidemment cette réforme n'est pas à faire en France), elle lui a initialement couté cher politiquement.

Mais une fois l'alternance arrivée (mettant fin à son droit de véto), il s'est trouvé suffisamment de monde à être reconnaissant pour cette réforme qu'il est devenu impossible à son successeur de revenir dessus

Avec notre exécutif bicéphale, notre président n'est pas le seul à y avoir perdu des plumes, et notre première ministre a donc du faire face à des motions de censure. Elle s'est suffisamment bien défendue devant la représentation nationale pour qu'elles échouent, sauvant son poste selon les mécanismes institutionnels.

Mais si c'est le rôle du ou de la premi⁻er⁺ère ministre de savoir parler aux parlementaires, c'est le rôle du président de savoir parler au citoyen ordinaire.

Or il est clair que le président a échoué dans cet exercice, comme le montre la mobilisation relancée après son intervention télévisuelle de fin mars.

Si tant est qu'on s'orientait vers un baroud d'honneur avant cela, maintenant l'hypothèse d'une lutte utile a retrouvé de la crédibilité et ne peut plus être écartée comme ça, ce regain de mobilisation ne pouvant être mis sous le tapis ou nié.

Le président de la République étant irresponsable dans nos institutions, la sanction de cet échec ne peut venir des institutions. Il devrait acter cet échec de lui-même et démissionner.

L'alternative, c'est 4 ans de défiance empêchant la mise en place de la moindre initiative un tant soit peu ambitieuse, et notamment… sur la lutte contre le changement climatique.

A quoi cela sert-il de sauver le système de retraites, si celle-ci est émaillé de crises climatiques?

(sauf évidemment pour les baby boomers, dont certains semblent avoir décidé, en enfilant un gilet jaune, que après eux le déluge).

Voilà ce sur quoi la majorité relative actuelle aurait pu à meilleur escient investir ce capital politique renouvelé, bénéficiant maintenant du recul nécessaire. Là, je me dis que rien de sérieux ne sera fait d'ici 2027 au mieux… 2 ans et demi avant 2030.

D'où mon sentiment de gâchis. #Fin

Mais au fait, c'est quoi ce #PrincipeDePeter?

Le principe de Peter nous apprend que les mécanismes de promotion "naïfs" finissent par placer aux postes à responsabilités des personnes qui y sont incompétentes. Pourquoi? Parce lorsqu'elles sont compétentes sur un poste, elles ont justement tendance à y réussir, ce qui finit par déclencher leur promotion et donc leur faire quitter ce poste. A l'inverse, elles tendent à rester sur un poste où elles s'avèrent être incompétentes.

Les mécanismes démocratiques, notamment l'existence de mandats limités dans le temps, rend ces systèmes moins susceptibles aux effets du principe de Peter. Mais ils n'y sont absolument pas immunisés.

#EmmanuelMacron En est pour moi un exemple. Oui, il était plus que compétent à son poste de ministre de l'économie (cf. https://web.archive.org/web/20170429211024/http://authueil.fr/post/2017/02/17/La-disruption-d-Emmanuel-Macron que d'autres éléments corroborent), et je pense qu'il aurait aussi été à son rôle face au parlement comme premier ministre.

La disruption d'Emmanuel Macron - Authueil

Emmanuel Macron est un vrai "disruptif". Il a déboulé par surprise dans la vie politique, à un moment clé, la présidentielle, et ne fait rien comme les autres. Beaucoup

Par contre, le Président de la République est précisément tenu éloigné de la représentation nationale, et ces qualités qui ont contribué à le faire élire ne jouent plus lorsqu'il s'agit de parler au citoyen ordinaire.

Ajoutez à cela "qu'ils viennent me chercher" alors que précisément le poste de président est politiquement irresponsable, et nous avons la confirmation qu'#EmmanuelMacron est parvenu à son niveau d'incompétence. Qui est toujours mieux que dangereux, mais pas souhaitable non plus.