Plusieurs threads parlent de l’impact du covid (et donc l’annulation d’oraux, notamment à l’ENS) sur les biais de genre et tirent des conclusions auxquelles je n’adhère pas en regardant les données sans recul.
Ex, sur le concours AL de l’ENS, sans oraux le pourcentage de femmes grimpe à 80%. Conclusion immédiate : les méchants oraux discriminent les femmes, les inégalités ses resolvent avec l’anonymat des écrits.
Conclusion pertinente ?
Evidemment, non. Ces chiffres sont ceux du concours lettres et shs après prépa. 58% de femmes en temps « normal ». L’impact est donc plutôt dans le renforcement d’une inégalité de genre que les oraux contribuent à réduire.
Hypothèse renforcée par les résultats des concours post-prépa pour les sciences « dures » : là, les femmes qui sont déjà rares (sauf chimie et bio) sont réduites au statut d’exception.
Alors mon propos n’est pas de défendre les modes de recrutement actuels dans l’enseignement supérieur, et en particulier dans les formations dites « d’élite ». Par contre, quand on identifie une solution simple (anonymat et plus d’oraux), c’est probablement qu’elle est fausse
Ce sujet est très regardé. Sans être trop corporate non plus, @insadelyon a mobilisé des chercheurs (enfin...chercheuses en fait, c’est des shs #SarcasmIncluded) pour faire évoluer son recrutement mais aussi sa formation, en particulier autour du numérique et de l’informatique.
Et ...si la solution était simple, la question elle aurait été vite répondue comme il dit l’autre nouille. Le technosolutionnisme est une illusion comme dans d’autres champs, ce genre là de biais se construisent très tôt dans la scolarité et la société.
Encore une fois je ne suis pas fondamentalement opposé à l’anonymat, mais là on est sur un sujet qui demande bataille culturelle, éducation, formation (des profs et des recruteurs), mais surtout universalisme et fraternité, pas des conclusions trop rapides
Bon, voilà, méfiez vous des solutions simples fondées sur des données partielles. Ce sera ma morale du jour