https://travailleur-alpin.fr/2026/04/11/metropole-de-grenoble-apres-cinq-mois-doccupation-encore-pres-de-80-sans-logis/ (Métropole de Grenoble. Après cinq mois d’occupation, encore près de 80 sans-logis)

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Les occupants du siège de la Métropole de Grenoble ont de nouveau interpellé les pouvoirs publics, ce vendredi 10 avril, face à la presse. Après quasiment cinq mois d'occupation, près de 80 personnes - sur 150 au départ - dorment encore sur place, dont une trentaine sans solution de relogement. Et plus de 40 qui attendent les clés de leur logement, les travaux conduits par les communes concernées s'éternisant, selon leurs soutiens (DAL, CGT, CNT...).

Une situation de plus en plus pesante pour les livreurs à vélo, qui dénoncent par ailleurs leurs conditions de travail, objet d'un récent rapport de Médecins du monde.

« Depuis bientôt cinq mois, les occupantes et occupants ont fait preuve d’énormément de patience. On a mené des mobilisations pacifiques, non-violentes, symboliques, des manifestations, des conférences de presse ; on a interpellé gentiment les communes, le conseil communautaire de la Métropole », rappelle Raphaël Beth, de l’association Droit au logement (DAL).

Mais « cette patience a un prix », souligne-t-il au micro.

« Un prix qu’il faut nommer : ce sont deux femmes qui ont fait une fausse couche à cause de leur fatigue généralisée, c’est un enfant mort-né en raison de l’épuisement et du stress de la maman, selon le diagnostic du médecin. »

Sa voix trahit sa colère, partagée par les militants des différentes organisations (DAL 38, UL CGT Grand Grenoble, CNT 38…) présents ce vendredi 10 avril, et bien sûr par l’ensemble des occupants du siège de Grenoble Alpes Métropole. Sur les quelque 150 personnes — essentiellement des livreurs à vélo et leurs familles — arrivées dans le bâtiment de la place André-Malraux le 19 novembre dernier, entre 70 et 80 vivent encore ici ou plutôt survivent.

Après 142 jours et nuits d’occupation.

...

# Des livreurs « doublement exploités par les plateformes »

Le militant comme les occupants eux-mêmes insistent par ailleurs sur leur statut administratif et leurs conditions de travail.

Livreurs à vélo pour la plupart, ce sont « celles et ceux qu’on voit, jours et nuits, livrer les administrations, les hôpitaux, les particuliers, qui font vivre le commerce local — en permettant aux restaurants de survivre — et qui pourtant sont doublement exploités par les plateformes de livraison », précise Raphaël Beth.

Et de fustiger l’attitude des Uber Eats et Deliveroo qui « refusent de les salarier, tout en les payant au lance-pierre.

Ce qui ne leur permet évidemment pas de se loger par leurs propres moyens. »

Pour ces plateformes, les livreurs sont censés être en auto-entreprenariat mais « en réalité, c’est une exploitation pure et simple », s’insurge le trésorier de l’association Adali (https://travailleur-alpin.fr/2024/12/01/grenoble-le-local-de-travail-des-livreurs-ce-nest-plus-seulement-la-rue/, Association pour les droits et l’accompagnement des livreurs indépendants).

Soumis à une pression constante, ne cotisant pas pour la retraite ni pour le chômage, souvent en attente de régularisation, ils sont ainsi « très mal payés », déplore l’orateur au micro, qui pointe les « semaines de 60 heures » pour des salaires généralement inférieurs au Smic horaire.

« On doit également acheter notre vélo qui coûte 1500 euros », abonde un autre livreur et occupant.

« Les sacs marqués Deliveroo ou Uber Eats, c’est nous aussi qui devons les payer.

Pareil pour les casques, les manteaux, les gants, en hiver…

Et quand on tombe malade ou qu’on a un accident du travail, on n’a pas droit aux soins et à l’assurance maladie.

Pas non plus de congés payés. »

Un salaire de misère qui en fait la proie des marchands de sommeil

Avec un salaire de misère de « 5,60 euros par heure », les loyers étaient naturellement « inaccessibles », confie l’un des sans-logis.

C’est d’ailleurs ce qui en a fait la proie des marchands de sommeil de la Villeneuve, lesquels utilisaient les logements laissés vacants par le bailleur social Actis, conséquence d’un programme de rénovation urbaine toujours en cours.

Ce même Actis qui sollicité la préfecture, à l’automne 2025, pour expulser les familles, qui ont ensuite atterri au siège de la Métropole.

Plusieurs de ces livreurs à vélo ont témoigné de leurs conditions de travail et de leur quotidien auprès de Médecins du monde, qui vient de réaliser un rapport sur le sujet. Intervenant lors du rassemblement, Aimeric Prod’homme, coordinateur au sein de l’association, livre quelques-unes de ses conclusions : « un état de santé qui s’est dégradé depuis le début de leur travail », pour nombre d’entre eux ; « des douleurs fréquentes (dos, épaule, douleurs urinaires à cause du travail sur les vélos toute la journée) » ; « des accidents massifs » — 49 % des livreurs déclarant au moins un accident…

Or, dans ce dernier cas, « se soigner est souvent hors de portée pour les livreurs », poursuit le représentant de Médecins du monde. « Près d’un tiers d’entre eux ont renoncé à des soins au cours de la dernière année. Et 97 % des livreurs déclarent ne pas avoir droit à l’indemnisation par les plateformes lorsqu’ils ont un accident. » Son rapport confirme en outre les propos précités : un temps de travail de « 63 heures par semaine en moyenne, pour un salaire net moyen de 800 euros par mois après déduction des frais obligatoires ».

« Comment est-ce qu’on fait pour rester calme alors que toutes les communes de la métropole n’arrivent pas à héberger rapidement 150 personnes ? »

Pour Aimeric Prod’homme, le constat est clair : « C’est une urgence sociale et une urgence de santé publique. »

Médecins du monde demande donc « des mesures concrètes », notamment « garantir l’accès aux droits, à la santé, au travail, à un titre de séjour, à la prévention » (liste non exhaustive)…

Et bien sûr à un logement digne et pérenne.

Face à une telle somme d’injustices, le calme et l’organisation affichés par les occupants sont exemplaires, salue Raphaël Beth, admiratif mais néanmoins « écœuré ».

Et le militant du DAL de s’interroger, sans se priver de tacler les pouvoirs publics : « Comment est-ce qu’on fait pour rester calme alors que toutes les communes de la métropole n’arrivent pas à héberger rapidement 150 personnes ?

150 personnes sur 350 000 habitants ! »

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#Grenoble #Livreurs #Migrantes #Migrants #Exploitation #Esclavage #Logement #Logement #DroitAuLogement

Métropole de Grenoble. "Comment rester calme ?" Après cinq mois d'occupation, encore près de 80 sans-logis dont 30 sans solution

« Depuis bien­tôt cinq mois, les occu­pantes et occu­pants ont fait preuve d’é­nor­mé­ment de patience. On a mené des mobi­li­sa­tions paci­fiques, non-vio­lentes, sym­bo­liques, des mani­fes­ta­tions, des confé­rences de presse ; on a inter­pel­lé gen­ti­ment les com­munes, le conseil com­mu­nau­taire de la Métro­pole », rap­pelle Raphaël Beth, de l’as­so­cia­tion Droit au loge­ment (DAL). Mais « cette patience a un prix », […]

Travailleur alpin
🤡 Les racistes veulent virer les étrangers… sauf quand il faut se faire livrer leur burger. 63h/semaine, 59% d’accidents 6E /h: voilà leur système. Ils détestent les étrangers, mais adorent leur travail pas cher. #Livreurs #SansPapiers #Uberisation www.medecinsdumonde.org/actualite/en...

Santé des livreurs : une étude...
État de santé des livreurs des plateformes : une étude inédite révèle des chiffres alarmants

Cette étude SANTÉ-COURSE est la première à documenter à grande échelle l’état de santé et les conditions de vie et de travail des livreurs en France. Elle révèle un état de santé largement dégradé par des conditions d’exercices indignes. Médecins du Monde, la Maison des Livreurs de Bordeaux et la Maison des Coursiers de Paris réclament que les pouvoirs publics prennent des mesures pour contrer les effets de l’ubérisation sur les conditions de travail et la santé des livreurs.

Médecins du Monde
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Tassiana Aït-Tahar : « Tu ne p...
Tassiana Aït-Tahar : « Tu ne peux pas parler d'ubérisation sans parler de santé mentale » - Bondy Blog

Le 27 mars 2026 naissait Uber Life, l'œuvre protéiforme de l’artiste contemporaine Tassiana Aït-Tahar retraçant cinq ans de travail en tant que livreuse Uber Eats. À travers son quotidien, elle dénonce les multiples violences visant les livreuses et livreurs de plateforme numérique. Aujourd’hui étudiante aux Beaux-Arts, l’artiste met des mots sur un parcours longtemps incompris. Portrait.

Bondy Blog

« Offrir un peu de répit » : à Strasbourg, une Maison des livreurs ouvrira-t-elle en 2027 ?

https://fed.brid.gy/r/https://pokaa.fr/2026/04/09/offrir-un-peu-de-repit-a-strasbourg-une-maison-des-livreurs-ouvrira-t-elle-en-2027/

Étude inédite par son ampleur sur les #livreurs à #vélo

☹️ Les livreurs à vélo travaillent 63h/semaine et gagnent < 1 000€/mois en moyenne (étude à Bordeaux et Paris)

😞 Certains trouvent que des livreurs à vélo font n'importe quoi sur la route.
Peut être que s'ils étaient en CDI, payés à l'heure et pas à la course, et avec une flotte de vélos gérés par l'employeur, ça irait mieux.
Mais la livraison coûterait plus cher.

⤵️ Article de Stéphane Barnoin dans La Montagne
https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/c-est-dur-je-suis-fatigue-mais-je-n-ai-pas-le-choix-les-livreurs-a-velo-forcats-de-la-pedale-et-esclaves-modernes_14946799/

RT: @MdM_France Chaque jour, les #livreurs des plateformes numériques sillonnent nos villes.

Pourtant, les conditions de travail et impacts sur leur santé restent méconnus.

🔎 Une enquête menée auprès de 1000 livreurs met en lumière une réalité inquiétante. ⬇️
https://www.medecinsdumonde.org/actualite/enquete-livreurs/

État de santé des livreurs des plateformes : une étude inédite révèle des chiffres alarmants

Cette étude SANTÉ-COURSE est la première à documenter à grande échelle l’état de santé et les conditions de vie et de travail des livreurs en France. Elle révèle un état de santé largement dégradé par des conditions d’exercices indignes. Médecins du Monde, la Maison des Livreurs de Bordeaux et la Maison des Coursiers de Paris réclament que les pouvoirs publics prennent des mesures pour contrer les effets de l’ubérisation sur les conditions de travail et la santé des livreurs.

Médecins du Monde
Payés moins de 6 euros de l'heure, accidents, agressions : une étude alerte sur le sort des #livreurs
https://basta.media/payes-moins-de-6-euros-de-l-heure-accidents-agressions-une-etude-alerte-sur-le
#accidentdutravail #travailleurs
Payés moins de 6 euros de l'heure, accidents, agressions : une étude alerte sur le sort des livreurs

Un livreur sur deux a des symptômes dépressifs, un tiers des maux de dos, les accidents du travail courants mais ignorés... Une nouvelle étude inédite par son ampleur - plus de 1000 coursiers interrogés - détaille les dégâts sur la santé du monde ubérisé des plateformes de livraison. Témoignages.

Basta!
Livreurs à vélo : un esclavage moderne - Revue Far Ouest

On se demande qui paie vraiment le prix de nos commandes Uber Eats et Deliveroo. Ce sont ces livreurs à vélo, victimes d'un véritable esclavage moderne.

Revue Far Ouest

L’enfer des #livreurs qui travaillent sous la neige

https://vert.eco/articles/lenfer-des-livreurs-qui-travaillent-sous-la-neige

> Livreur d’hiver. Alors que la #neige est tombée sur une grande partie du pays, et malgré les risques de chutes, de nombreux livreurs des plateformes #UberEats, #Deliveroo ou #Glovo continuent de travailler et de livrer les client·es à #vélo.

Mediapart
Faux indépendants : Deliveroo fait face à une pluie de condamnations
https://mcinformactions.net/faux-independants-deliveroo-fait-face-a-une-pluie-de-condamnations
#Deliveroo #livreurs