Un texte de
#MathildeMaillard #sota"En ce moment comme vous le savez (peut-être, car ce n'est pas si clair), le gouvernement fédéral belge a décidé de lancer une réforme sur le statut d’artiste (et d’autres points importants qui sont liés). Ces derniers mois, les fédérations professionnelles, les syndicats, etc.… ont écrit tour à tour des notes personnelles avec des recommandations pour le gouvernement.
Le 27 février dernier, nous organisions avec SOTA (State of the Arts) un colloque réunissant la communauté artistique FR et NL pour échanger sur la question du statut et être force de propositions au politique sur un sujet qui devrait être, de fait, un débat public mais qui ne l'est qu'à moitié (*)
Et à la fin, on sait bien qui décidera. (**)
Il y a quelques semaines, le gouvernement a monté un « groupe de travail technique » composé de gens travaillant à l’ONEM, de l’INASTI, dans les cabinets des ministères FR/NL, d’ "expert-e-s" et de ….quelques artistes et travailleuses culturelles (***)
Illes ont des réunions tous les mardis sur la thématique du chômage et tous les jeudi sur celles des RPI et de la commission artiste.
Ce groupe doit proposer TRÈS PROCHAINEMENT des solutions concrètes au gouvernement sur ces sujets brûlants. (certains parlent d'un délai imminent cette semaine ! ). En plus du groupe technique, le fédéral a créé une plate-forme participative en ligne, sur laquelle chacun-e d’entre nous peut faire des propositions ou « liker » les propositions des autres. Ces propositions sont ensuite étudiées et lues par le groupe technique pendant leurs journées de travail et vont clairement influencer les discussions qui s’y tiennent car le groupe est tenu d'en prendre compte.
Ce n’est sûrement pas idéal comme processus, car on sait déjà que des solutions devront être prises plus rapidement qu’il ne faudrait (quand on sait la complexité de ces questions qui ne datent pas d’hier, pourtant mises sur la table depuis des belles lurettes), mais voilà, ça semble vraiment important que celleux qui vivent la réalité (de la précarité) du secteur artistique au jour le jour fassent entendre leur voix, la voix des travailleur-ses de l’art qui reste pourtant minoritaire quand il s’agit de parler des conditions de travail qui la concerne.
Si vous ne souhaitez pas que le statut d’artiste se transforme en un statut « à la française » (impossible à tenir dans un pays où les financements de la culture sont moindres) ou qu’on crée un statut d’artiste autonome qui existerait en dehors de la sécurité sociale (outch), si vous avez des idées de systèmes qui permettraient de valoriser le « travail invisible» via des systèmes de coefficients ou autres (comme certain-e-s sont déjà en train de le proposer dans le groupe technique),… vous pouvez les partager au plus vite ici :
https://workinginthearts.monopinion.belgium.beJe vous invite largement à aller voir ce qui se dit sur la note SOTA sur tout ça, personnellement je me sens très proche de tout ce qu'ils défendent.
En gros, les sujets sur lequel il semble le plus urgent de partager :
> la difficulté à accéder au statut
> les problèmes qui apparaîtront au cas où le nb jours à prouver pour le renouvellement du statut étaient + que de 3 jours (certaines propositions proposent 156 jours ou 52 jours en cachets par an)
> le contrôle des 156 jours sur 18 mois pour ne pas être obligé de chercher du travail en dehors du monde des arts
> des systèmes pour prendre en compte le travail invisible # non rémunéré au regard de la sécurité sociale
> partager vos expériences sur la commission artiste, les RPI and les propositions de changement à cet égard
> partager au maximum vos réalités par secteur / disciplines
A noter aussi que le 7 mai ils organisent un débat sur l’égalité des sexes dans le statut des artistes !
merci pour votre temps et gros bisou.
Mathilde
ps : j'essaie de rester un peu "neutre" mais je vous partage mon sentiment personnel qui est que, il y a quelques mois, j'ai cru à un "momentum" qui permettrait enfin de mettre au grand jour les inégalités sociales présente au sein de la communauté culturelle, et notamment entre celleux et celleux qui ont le statut artiste et ne l'ont pas/ ne pourront jamais l'avoir (parce qu'ils n'ont pas de papiers le permettant ou ne pourront jamais obtenir la somme demandée), mais au vu des discussions qui ont lieu en ce moment je flippe aussi très fort qu'on aille vers + de dureté, + de précarité + de complexité. Le flip actuel se porte avant tout sur la volonté de certains (qui ont du pouvoir et la parole autour de la table) de renforcer l'obtention du renouvellement, de ne pas prendre en compte les propositions de calcul du travail invisible (sous prétexte que ça serait trop complexe) voire même qui continuent à vouloir sortir les artistes du régime de sécurité sociale (outch méga flippant +++) .
(et désolée si j'exprime des choses maladroitement, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on est et ce qu'on a dans le monde qu'on a et surtout ... les infos qu'on peut obtenir!!)
* (malheureusement toutes les notes de travail de SOTA ont sauté dans l'incendie ovh alsacien... la baguette magique du ratage de l'informatique frappe parfois les plus aventureux - mais vous trouverez la note en pdf sur
https://cavern.futurology.be/s/4jc97p9GDgjKmw5 & vous pouvez la partager)
** papa, maman le gouvernement
*** (anecdote rigolote: ce "groupe technique" n'est pas rémunéré et travaille donc 5 semaines full time bénévolement pour le ministère des affaires sociales... malgré les demandes de plusieurs artistes au sein du groupe de valoriser ce travail de fond sur ... les conditions de travail :/)
alala qu'est-ce qu'on rigole."