Cette représentation chinoise d’un marin Anglais, reprenant une iconographie traditionnelle, a été reprise dans le journal « Illustrated London News », du 25 avril 1857, qui traduit le texte chinois :

« Cette créature apparaît dans… la capitale de la région de Che-keang (…). Quand il rencontre quelqu’un, il le dévore. C’est véritablement un monstre incroyable ».

L’article spécule aussi sur le fait que la fumée qui sort de la bouche serait celle du tabac.

Contexte historique de la caricature : elle a été imprimé pendant la seconde Guerre de l’Opium, mais elle date en fait de la première Guerre de l’Opium, se référant plus spécifiquement à la capture de Zhenjiang le 21 juillet 1842. Guerres de l’Opium, rappelons-le, déclarées par la Grande Bretagne à la Chine impériale pour prendre le contrôle du juteux commerce de l’opium et imposer son ouverture à l’ensemble du territoire de la Chine.

On comprend mieux toute la portée politique propagandiste de la petite phrase sur la « fumée du tabac » dans un journal Britannique. Tout comme l’évidente intention raciste anti-chinois de cette reproduction dans ce journal anglais.

Note : trouvé sur Twitter mais j’ai perdu la référence.

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Les Man : l’invention d’un peuple adverse dans le récit national de la Chine impériale

Le peuple Man est une invention du pouvoir impérial chinois. Les conflits qui opposent cet ensemble de populations originaires des rives du fleuve Bleu (Yang-tze-kiang ) au pouvoir central durent plus d’un millénaire. Ils témoignent de la logique d’expansion qui accompagne la consolidation de la Chine impériale

Le peuple Man est une invention du pouvoir impérial chinois. Dès la période pré-impériale, et surtout durant le règne de la dynastie Han (206 avant notre ère – 220), le terme de « Man » est utilisé par les bureaucrates de l’empire pour définir l’ensemble des populations qui vivent à proximité du fleuve Bleu. Pour l’historien Alexis Lycas, « le terme de Man est un exotisme, c’est-à-dire que c’est un terme appliqué par les ethnographes et les bureaucrates de l’empire Han pour désigner ces populations. Mais c’est aussi un terme proprement insultant parce qu’il désigne quelque chose en désordre, qui n’est pas structuré. Le mot Man renvoie à une image de population grouillante, fourmillante, donc extrêmement négative. Les Man entre eux ne s’appellent pas comme ça bien évidemment ».

Ces populations liminales ne sont ni barbares, ni vraiment sinisées, et habitent aux confins méridionaux de l’espace chinois. Leur intégration fait figure de priorité pour un pouvoir impérial soucieux de s’étendre et de se légitimer.

Les Man, décrits par l’historiographie officielle comme un peuple étrange, indiscipliné, et rétif au contrôle impérial essentiellement symbolisé par l’impôt et la conscription, opposent une résistance farouche aux fonctionnaires et aux militaires chinois, toujours plus nombreux. Le règne de la dynastie Liu Song, au Ve siècle de notre ère, marque l’apogée de ces affrontements entre État chinois et peuple Man. Pourtant, les bureaucrates et les lettrés de la Chine impériale ne manquent pas d’idées pour parachever la conquête de ces espaces. Les incursions armées s’accompagnent d’un savant jeu d’alliances avec les élites locales, qui repose principalement sur l’octroi de titres, d’avantages et d’exemptions fiscales.

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Podcast avec avec :

  • Alexis Lycas Maître de conférences à l’École pratique des hautes études, spécialiste de l’histoire de la géographie chinoise ancienne et médiévale
  • Valérie Hannin Directrice de la rédaction du magazine L’Histoire

Le Cours de l’Histoire. Série « Les histoires de conquête finissent mal… en général ». Épisode 4/4 : Les Man du fleuve Bleu face à la Chine impériale https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/les-man-du-fleuve-bleu-face-a-la-chine-imperiale-1915733

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