Descente de la Laïta en kayak
On en parlait depuis des années, et on a enfin fait la descente de la Laïta en kayak, depuis Quimperlé jusqu’au Bas-Pouldu à l’embouchure du fleuve sur l’océan. C’était drôlement chouette de voir l’envers du décor des chemins que nous empruntons si souvent sur ces rives. D’abord très fleuve, puis de plus en plus maritime en retrouvant quelques repères : le manoir de Carnoët, le pré Mathurin, l’abbaye St Maurice et la crêperie, les ponts, Porsmoric et l’ambiance océanique du Bas-Pouldu (rive finistérienne) / Guidel-Plages (rive morbihannaise).
Vous remarquerez toujours le jeu impeccable de mon mari qui cherche à chaque selfie à concurrencer Sarah Bernhardt (ok je me plie à ses facéties aussi ).
Cela commence d’abord par le fleuve quimperlois qui est vraiment une paisible rivière aux eaux douces et lisses.
Et quand je suis arrivé là, ça a fait tilt.
On arrive rapidement à la forêt de Carnoët que j’arpente sans arrêt depuis une bonne quinzaine d’années, et je reconnais le pré Mathurin, et surtout le spot exact où je prends mes photos. Hu hu hu.
Ensuite, on arrive rapidement au manoir de Carnoët et on voit à quel point ils ont rénové ce truc Napoléon III en une somptueuse demeure bourgissime.
Après, on arrive forcément à l’Abbaye Saint Maurice et à la crêperie du même nom. Vraiment c’est drôle de voir les choses sous cet angle !
On sent de plus en plus le côté maritime du fleuve, avec la Laïta qui devient immense et peu profonde, le courant de marée descendante qui s’accélère, et mon petit port fétiche, Porsmoric, dont on va apercevoir les voiles des bateaux.
Et puis finalement, on voit déjà le port du Bas-Pouldu, et l’embouchure de la Laïta, les plages de Guidel et la fin du périple.
Cela nous a pris un peu plus de quatre heures, mais c’était une super expérience !
Et ce soir, encore un beau coucher de soleil à Bellangenet, avec plein de vagues et pas un nuage à l’horizon.
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Nan mais ça a bien commencé ces vacances, une semaine radieuse annoncée, un temps bien froid et sec mais ensoleillé. On est arrivé à Clohars-Carnoët avec les chatounettes pour une semaine de repos, de glandage et dans l’idée de faire le plein de promenades et de couchers de soleil (évidemment). Dimanche, j’ai pris mon vélo et j’ai fait cette première photo dans les bois, je trouvais que la lumière était belle.
Après je suis passé vers le pré Mathurin pour saisir l’endroit une autre fois, c’est toujours la même photo, mais c’est aussi à chaque fois d’autres couleurs, d’autres nuances, d’autres teintes, et j’aime bien regarder tous ces clichés presque identiques, saisons après saisons.
Et dix minutes après avoir pris cette photo, je roule en pente vers le Pont de Pierre en pleine forêt, et je croise deux promeneurs (qui descendent, de dos donc) donc je ralentis au maximum car on ne m’entend pas toujours, et je ne veux pas d’une embardée. Je passe à côté d’eux, j’ai le temps de dire « Bonjour, pardon, merci ! », et j’entends un « Bonjour ! » dans mon dos. Deux minutes plus tard, je file à vitesse très modérée car le chemin est très caillouteux mais j’ai l’habitude. Et je roule sur une branche morte, je vois bien un petit morceau se détacher lorsqu’elle se brise sur ma roue avant. Le petit morceau va être emportée par le mouvement de la roue, et se coincer entre le pneu et le garde-boue. Le résultat est immédiat et irrémédiable : la roue avant est arrêtée net. Et moi : je m’envole dans les airs et effectue un joli vol plané. J’atterris sur les deux avant-bras paumes et poignées en avant, et je sens mon thorax qui absorbe le choc de la chute. Mais ce n’est pas tout, car une seconde plus tard, je reçois sur moi le vélo qui, ayant fini son soleil, m’est naturellement retombé sur la tronche. Aïe aïe aïe.
Je reprends mon souffle, et constate que mes deux avant-bras sont douloureux mais surtout complètement dépourvu de tonus, j’ai énormément de mal à soulever mon vélo pour m’en dégager. J’ai aussi tout de suite conscience que mon thorax a pris cher, mais globalement ça a l’air de plutôt bien aller. Je suis vraiment en plein cœur de la forêt, à 40 minutes à pied de tous les accès que je connais, et habituellement je ne croise que très peu de gens ici, mais c’est dimanche et il fait beau. Je vois deux personnes qui descendent vers moi, et qui clairement m’ont vu chuter.
Ils vont m’aider à me relever et me proposer de l’aide, en plus la femme est médecin et me pose quelques questions de circonstance pour s’assurer que je vais bien. Je dois rentrer mais ils sont garés diamétralement opposés à moi, et on va mettre autant de temps à rejoindre leur véhicule que moi à retourner à la maison. Donc je leur demande juste de l’aide pour faire rouler le vélo jusqu’à une fourche où nous prendrons deux chemins différents.
Mais le vélo a la roue avant complètement coincée par le garde-boue qui a l’air replié sur lui-même sur la pneu. Impossible de le faire avancer, et les deux personnes me proposent de le porter en le soulevant par le guidon et avec la roue arrière mobile. Mais ces vélos électriques sont lourds comme des ânes morts, et le couple est rapidement en pleine galère, et moi de toute façon je comprends rapidement que je ne pourrais jamais le ramener avec moi, j’ai les bras qui ont simplement perdu toute force et tonicité.
Je remercie les gens, et je leur demande juste de m’aider à cacher le vélo dans les fourrés au bord du chemin, couché derrière un arbre. Je connais par cœur la forêt, et je sais que je le retrouverai sans problème. Ensuite, ils m’ont accompagné jusqu’à la fourche, et j’ai pris la route vers la maison. Mais la forêt est une zone blanche pendant encore vingt bonnes minutes, donc je n’arrive à joindre mon chéri qu’en me rapprochant bien de la route départementale du coin. On se donne rdv dans un des petits parkings forestiers, et il pense me voir débarquer avec mon vélo. Mais non j’arrive bredouille et j’explique le contexte de l’accident. Il fait presque nuit, et on rentre à la maison.
Cela a été compliqué pour rentrer dans la voiture, impossible de mettre ma ceinture, et globalement de bouger les avant-bras sans une douleur très aiguës. Mais je me dis que ce sont des contusions, et que ça ira mieux le lendemain. Le soir, je pleure lorsqu’il me retire mon pull, et on découvre en me déshabillant l’étendue de la douleur lorsque mon bras droit surtout doit avoir le moindre mouvement. J’ai évidemment passé une nuit terrible, perclus de douleurs, réveillé toutes les dix minutes avec l’impression d’avoir le corps qui se dissout dans l’acide, et une tension qui croit dans mes membres tandis que la souffrance va et vient. Avec les heures qui s’égrainent trop lentement, la nuit se passe au compte-gouttes, et je fais cauchemars sur idées bizarres tout en criant ma douleur régulièrement. Heureusement on avait décidé de dormir séparément, et je pouvais m’exprimer comme je voulais dans la chambre d’à-côté.
Cela allait malgré tout un peu mieux le lendemain, surtout le bras gauche dont je sentais qu’il était moins atteint. Mais clairement au matin, on s’est dit qu’il fallait que je consulte. Plutôt que de voir un médecin qui m’enverrait aux Urgences, on est allé directement aux Urgences de l’hôpital de Quimperlé. Tout s’est rapidement enchaîné, consultation, radios, scanners… Les deux têtes radiales cassées, mais un scénario plutôt peu complexe et classique, normalement des écharpes orthopédiques devraient suffire pour l’immobilisation. Cela a été confirmé quelques jours plus tard par un chirurgien orthopédiste.
On est allé deux jours plus tard (j’étais beaucoup trop faiblard avant) récupérer le vélo en forêt. On flippait un peu de ne pas le retrouver si jamais il avait attiré les convoitises, mais il était toujours où je l’avais caché. Vu mon état je n’ai pas pu faire grand chose sinon indiquer la cachette et donner quelques conseils.
C’était d’abord impossible de débloquer la roue avant, même si étonnamment ça a l’air d’être le seul problème du vélo, aucun damage apparent sur le cadre ou les autres éléments. Mais en démontant le garde-boue sur les côtés et en tirant fortement dessus, tout en dégonflant le pneu, Alex a réussi à déplier le morceau de métal et à libérer la roue avant.
Il faut imagine la partie pliée à l’arrière complètement recroquevillée sous l’autre moitié et pressant fortement le pneu en immobilisant complètement la roue.
Bon, avec tout ça, les vacances ont bien été gâchées malgré le beau temps et toutes les occasions rêvées pour sortir, mais ce n’est que partie remise. J’ai tout de même pris quelques photos, mais c’était globalement une semaine excessivement frustrante !
Mais samedi dernier, je n’ai pas résisté et j’ai tout de même voulu faire l’ultime coucher de soleil avant de rentrer. Je n’ai pas regretté car c’était absolument superbe !!
Je n’ai déjà plus besoin d’immobiliser complètement les bras, et je récupère très vite. Prochaine visite de contrôle, jeudi 16 à Nantes. Ce matin j’ai réussi à m’habiller tout seul depuis la première fois depuis l’accident, je dois encore en revanche me faire sécher après la douche, c’est dire si ce truc a un peu entravé ma mobilité ou mon autonomie. Mais en seulement dix jours, je suis assez chanceux en réalité.
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