L’ARCOM met CNEWS en demeure après des propos jugés discriminatoires
L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) a adressé une mise en demeure à la chaîne CNEWS à la suite de propos tenus dans deux de ses émissions. Sont en cause des séquences diffusées dans La grande interview et Morandini Live !, que le régulateur estime contraires aux obligations légales de lutte contre les discours de haine et de maîtrise de l’antenne.
Une alerte officielle du régulateur audiovisuel
Des émissions pointées du doigt par l’ARCOM
Dans un communiqué publié le 30 décembre sur son site officiel, l’ARCOM indique avoir été saisie au sujet de propos diffusés sur CNEWS dans deux programmes distincts. Les faits concernent La grande interview, diffusée le 29 janvier 2025, ainsi que Morandini Live !, diffusée le 20 mars 2025. Après analyse, l’Autorité a estimé que les séquences signalées posaient un problème au regard des règles encadrant le traitement des sujets sensibles à l’antenne.
Un manquement aux obligations légales constaté
Selon le régulateur, les propos tenus au cours de ces émissions caractérisent un manquement aux obligations imposées aux éditeurs de services de télévision. L’ARCOM rappelle notamment l’interdiction d’inciter à la haine ou de promouvoir des comportements discriminatoires, ainsi que l’exigence de maîtrise de l’antenne. Ces principes constituent un socle fondamental du cadre légal régissant la diffusion de contenus audiovisuels en France.
Une mise en demeure fondée sur la loi et la convention
Les textes juridiques invoqués par l’Autorité
En conséquence de ses constats, l’ARCOM a décidé de mettre en demeure l’éditeur de CNEWS de se conformer aux dispositions de l’article 15 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication. Cette mise en demeure s’appuie également sur les stipulations des articles 2-3-2 et 2-2-1 de la convention liant la chaîne à l’Autorité. Ces textes imposent notamment un traitement responsable des débats et la prévention de propos de nature à porter atteinte à la dignité humaine.
Une procédure classique mais lourde de conséquences
La mise en demeure constitue une étape formelle dans le dispositif de régulation audiovisuelle. Elle ne constitue pas une sanction immédiate, mais un avertissement officiel invitant la chaîne à rectifier ses pratiques. En cas de récidive ou de non-respect de cette injonction, l’ARCOM dispose de la possibilité d’engager des procédures plus contraignantes, pouvant aller jusqu’à des sanctions financières ou disciplinaires.
Des manquements distincts selon les émissions
Une absence de modération dans La grande interview
Concernant La grande interview, l’ARCOM souligne que les propos jugés problématiques n’ont fait l’objet d’aucune modération ou mise à distance de la part de l’animatrice présente en plateau. Au contraire, selon l’Autorité, celle-ci aurait encouragé l’invitée à développer davantage ses affirmations. Cette attitude est considérée comme contraire à l’obligation de maîtrise de l’antenne, particulièrement lorsqu’il s’agit de sujets susceptibles de nourrir des discriminations.
Des propos stigmatisants dans Morandini Live !
S’agissant de Morandini Live !, l’ARCOM relève des propos décrivant les personnes immigrées comme des « masses » incapables de s’adapter aux valeurs, aux mœurs et à la culture françaises. Leur présence en France y aurait été associée à la notion de « grand remplacement » et présentée comme n’entraînant que des conséquences négatives. Le régulateur estime que ces affirmations véhiculent des stéréotypes particulièrement infamants à l’égard des personnes immigrées dans leur ensemble.
Une gravité jugée incompatible avec le cadre du débat
Une réduction des immigrés à des figures de danger
L’Autorité relève également que les personnes immigrées ont été assimilées à des individus dangereux, en insistant sur les risques supposés d’actes criminels. Une telle représentation est jugée de nature à encourager des comportements discriminatoires, voire à inciter à la haine, en raison de la nationalité ou de l’origine ethnique des personnes visées. Cette stigmatisation globale est considérée comme incompatible avec les principes de pluralisme et de responsabilité éditoriale.
Une contradiction jugée insuffisante
Si l’ARCOM reconnaît que certains propos ont été partiellement contredits au cours de l’émission, elle estime toutefois que cette contradiction n’a pas été suffisante au regard de la gravité des affirmations tenues. Le régulateur souligne également que le présentateur aurait pris le parti de la personne à l’origine des propos litigieux, renforçant ainsi leur portée auprès du public.
Par cette mise en demeure, l’ARCOM rappelle avec fermeté les obligations qui s’imposent aux éditeurs de services audiovisuels en matière de lutte contre les discours de haine. L’affaire illustre une nouvelle fois la vigilance du régulateur face aux dérives potentielles du débat médiatique. Elle place désormais CNEWS face à la nécessité de renforcer ses pratiques de modération et de contrôle éditorial.
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