Les chants du cygne noir. Tome 1
Je connais évidemment Alex Alice pour ses dessins somptueux et détaillés, pour ses univers uchroniques steampunk, pour ses formidables bandes dessinées, notamment la saga du Château des étoiles, … C’était donc une évidence de faire la découverte de son manga, Les Chants du cygne noir, dont le tome 1 est paru le 20 mai aux éditions Rue de Sèvres. Et voici ce que j’en ai pensé… Extrait: « Au bout d’une semaine, les riches retournent à leur bridge… et les pauvres à leurs dés, dans leur cale tout en bas. Haut… bas… ça ne devrait pas avoir de sens, dans l’éther. Parfois, je me demande si on n’a pas inventé la gravité artificielle juste pour que chacun reste à sa place.» Je ne vous le cache pas : j’ai un immense coup de cœur pour l’œuvre d’Alex Alice dont l’esthétique du dessin, les propositions narratives et la richesse des univers sont pour moi des bijoux. Je dois aussi avouer également que lorsque j’ai vu les premières annonces des Chants du cygne noir, j’ai immédiatement fait le lien avec Albator, qui est pour moi une série que j’aime énormément (notamment pour Albator lui-même :p). Alors le combo des deux ensemble,... ça s’annonçait fort bien. Mais j’avais aussi des craintes : le format manga allait-il coller au style d’Alex Alice ? Est-ce que j’allais apprécier à la hauteur de mes attentes ? Je l’ai donc d’abord emprunté. Et vous pouvez deviner ce que j’en ai pensé si je vous dis qu’une fois fini, je l’ai immédiatement acheté en édition collector. C’était si bien !!! Alex Alice réussit avec brio son incursion dans le monde du manga (chose rare pour un français!) avec un respect, non seulement de la narration, mais aussi de l’esthétique, sans pour autant renier ce qui constitue son style graphique. Le dessin est très qualitatif, comme toujours avec l’auteur, mais sans être aussi chargée détail pour ce petit format, et l’éblouissement est vraiment au rendez-vous (ces vaisseaux m’ont mis des étoiles plein les yeux). On a une référence aux mangas des années 80 dans cette esthétique tout en ayant réussi à amener la patte de l’auteur et le mélange est pour moi réussi. J’ai été embarquée dans cette histoire qui s’inscrit dans le même univers que Le Château des étoiles et Les Chimères de Vénus. On retrouve ce même sense of wonder, ce formidable mélange entre le XIXème siècle, l’exploration spatiale et les technologies fascinantes imaginées par l’auteur. Le tout avec une intrigue haletante parfaitement rythmée et avec un accent féministe savoureux. Est-ce que j’ai aimé ? Oui, mille fois oui. J’ai adoré, je suis déjà en crush sur le personnage de la capitaine (j’ai donc décidément un truc pour les pirates de l’espace) et j’ai été bluffée par la qualité de l’hommage à Albator tout en le transposant dans son propre univers et ses idées. C’est très très beau, et j’ai hâte d’avoir la suite. En bref, le tome 1 des Chants du cygne noir signe une formidable entrée dans le monde du manga pour un auteur qui a décidément beaucoup de talent. L’univers fascinant du Château des étoiles s’étend ici sur une toute nouvelle intrigue, haletante à souhait, et avec de nouveaux personnages que j’adore déjà. C’est très beau, ça respecte brillamment les codes du manga et l’hommage à Albator est également très réussi. Vivement la suite! Résumé : « 1880, la conquête de l'espace bat son plein : au-delà de Mars, les puissances européennes rivalisent pour le contrôle du Ring, la ceinture d'astéroïdes. Mais les vaisseaux qui s'y risquent s'évanouissent sans laisser de traces... La jeune Benesh, à la recherche du meurtrier de son frère, s'engage à bord d'un paquebot interplanétaire à destination de Jupiter. Alors qu'elle s'apprête à assouvir sa vengeance, des pirates abordent le navire. La rencontre est explosive. Benesh rejoindra-t-elle le capitaine Lohengrin et l'équipage du Cygne Noir dans sa quête d'une relique extra-terrestre aux pouvoirs étranges ?» (Illustration de couverture & extrait: Alex Alice) > Content warning