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TRENTE ANS DE CAVALE, ma vie de punk
Gilles Bertin (2019, Robert Laffont)
iBouquin:https://mega.nz/file/FEonRLgA#vjh0r44Tx0YQ7m7Qb8MFAg__vu-b-NMWDl4zz-p4b1Y
Si t'as les moyens:
https://www.lisez.com/livre-grand-format/trente-ans-de-cavale/9782221203590

Résumé:
Toulouse, le 26 avril 1988.
Déguisés en gendarmes, une improbable équipe de braqueurs – punks, anarchistes et toxicomanes – dévalisent les coffres de la Brink’s. Butin :
11,7 millions de francs, sans un coup de feu. La plupart des malfaiteurs seront interpellés et condamnés, sauf Gilles Bertin, chanteur de Camera Silens, groupe phare de la scène punk-rock française du début des années 1980.
Espagne, Portugal, sa cavale va durer trente ans…
Barcelone, le 18 novembre 2016.
Après avoir serré dans ses bras sa compagne et son fils âgé de cinq ans, Gilles Bertin quitte son domicile barcelonais à l’aube.
Direction Toulouse où il a rendez-vous avec son avocat pour se rendre à la justice.

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Gilles Bertin (1965-2019)
fonde en 1980 le groupe punk «Camera Silens» dont le nom est inspiré par les cellules d’isolement dans lesquelles étaient enfermés les membres de la Fraction Armée Rouge. S’ensuivent des années de musique, de défonce à l’héroïne dans des squats, d’anarchie et de vols… Il est un des cerveaux du légendaire braquage de la Brinks. C’était le 26 avril 1988...
Bilan : 11,7 millions de francs (1,8 millions d’euros) et pas un coup de feu.
La plupart des malfaiteurs sont interpellés et condamnés, sauf Gilles Bertin qui réussit à s’enfuir. Sa cavale va durer près de trente ans. Personne n’imagine alors qu’il a refait sa vie à quelques centaines de kilomètres de là, dans une banlieue populaire de Barcelone.

Alors que tout le monde le croyait mort des suites du sida ou d’un règlement de compte, il réapparait à Toulouse 30 ans plus tard, en novembre 2016 pour être jugé. La Cour d’Assises le condamne à cinq ans de prison avec sursis. Aujourd’hui il se reconstruit une vie entre celle qu’il a commencée il y a 30 ans et celle qu’il a abandonnée en cavale.

Il est encore adolescent lorsque ses parents fonctionnaires déménagent dans la région bordelaise. Après avoir décroché un CAP de tourneur fraiseur, il quitte le domicile familial le jour de sa majorité pour s’installer dans un squat à Bordeaux. Il s'investit alors dans le mouvement punk ,au début des années 1980. Il fonde un groupe de punk rock, Camera Silens, Il est bassiste et chanteur du groupe, qui bénéficie d'un succès important dans la scène punk, oï et rock alternatif. Sa personnalité marque les membres de Bérurier Noir, qui s'en inspirent dans les textes de Concerto pour détraqués. Il devient parallèlement toxicomane puis séropositif. Petit à petit, parallèlement à la carrière artistique du groupe, Gilles Bertin tombe dans la délinquance et les braquages. Le groupe continue sans lui à partir de 1986. Son fils aîné, Loris naît en 1986.

Le 27 avril 1988, Gilles Bertin participe au cambriolage du dépôt toulousain de la Brink’s. Il est accompagné d’une dizaine de braqueurs, qui pour la plupart, ont déjà commis plusieurs attaques de banque, dont à Limoges le 26 octobre 1987 l'enlèvement d'un vigile de la société de transport de fonds SPS. Cette expérience leur permet de s'introduire dans les locaux de l'entreprise pour dévaliser les coffres. Ils abandonneront leur otage ficelé dans une grange puis alerteront par un appel ironique la presse locale sur sa position. Le mode opératoire sophistiqué dans sa préparation (enlèvement, interrogatoire contradictoire, faux uniformes, etc.) ne correspond en rien à l'action d'un banditisme traditionnel. Le braquage a tout de même nécessité deux ans de préparation. 11 751 316 francs (soit 3,1 million d’euros 2020) ont été dérobés ce jour-là, sans que fût tiré le moindre coup de feu avec toutefois l'enlèvement et la séquestration dans un local loué et aménagé à cet effet des couples de deux des dispatcheurs de la société Brink's. Ceux-ci subissant un interrogatoire musclé tant physiquement que psychologiquement afin de dévoiler la procédure d'introduction dans l'entreprise. La majeure partie du butin n’a jamais été retrouvée.

Dès l'arrivée de la police, un témoin évoquant les «yeux d'un bleu remarquable» de l'un des auteurs a conduit à son identification immédiate et par la suite celle de l'ensemble de l'équipe qui se révélait être un amalgame d'artistes, militants d'extrême gauche, anciens membres de l'ETA. La police lance l’«opération sangria», et tous les participants sont rapidement appréhendés dans les deux ans suivant le braquage, sauf Gilles Bertin qui échappe aux policiers espagnols et français à l'aéroport de Barcelone en utilisant la technique de la «contre filature». Pourtant, il est celui qui a été formellement identifié malgré les soins pris pour nettoyer le studio toulousain dans lequel il avait séjourné en oubliant que sur des documents papiers les empreintes papillaires peuvent être relevées. Visé par un mandat d’arrêt international, il part en Espagne, vers la Costa Brava puis au Portugal où il ouvre avec sa compagne un magasin de disques dédié au rock alternatif et indépendant. En 1992, il est déclaré mort par le tribunal.

En 1995, il tombe malade, atteint du sida. Il survit grâce à la trithérapie. Il revient à Barcelone au début des années 2000, où il reprend le bar de ses beaux-parents. Pendant 28 ans, il a ainsi plusieurs identités, la plus fréquemment utilisée étant Didier Ballet.
Parallèlement, l’instruction de l’affaire s'enlise et dure seize ans. Elle est renvoyée devant la cour d'assises de la Haute-Garonne, en décembre 2004. Il est à cette occasion condamné par contumace à dix ans ferme.

Après la naissance en 2011 de son deuxième fils, Tiago, avec sa compagne Cécilia, Gilles Bertin décide de sortir de la clandestinité et se rendre à la justice. Il passe la frontière et se rend à Toulouse pour se livrer le 16 novembre 2016. Le procès de Gilles Bertin s'ouvre le 6 juin 2018 à la cour d'assises de la Haute-Garonne. Il risque une peine de 20 ans de réclusion. Mais il est finalement condamné à cinq ans de prison avec sursis, l’avocat général reconnaissant «le bon comportement de l’accusé» et sa démarche de se rendre volontairement à la justice, huit ans avant la prescription de sa condamnation.

En février 2019, Gilles Bertin publie aux Éditions Robert Laffont une autobiographie, intitulée Trente ans de cavale, ma vie de punk.

Après de longues procédures pour obtenir de nouveau sa carte d'identité française, il l'obtient le 2 août 2019. Le 7 novembre 2019, il meurt à Barcelone (Espagne) des suites du sida après avoir passé plusieurs semaines dans le coma.

#RiP❤️

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