LE SOUVENIR (Francis Carco)

Illustration      LE SOUVENIR Ni le plus jaune hurluberlu, Ni la plus absurde duègne Ne pourront jamais te connaître, Aussi bien que je t'ai connue. Tu railles. Mais le cœur s'ennuie. Mets du rouge et ris de toi-même ... Ah! ris, minaude et sois cruelle Puisque le diable te dédaigne. Et j'emporterai dans mon cœur Le souvenir le plus amer, Car tu connaissais mon amour Et tu te mirais dans ta glace. (Francis Carco) Recueil: La bohème et mon coeur Editions: Albin Michel

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LES VIPÈRES PRÉCIEUSES… (Jean Rousselot)

     Les vipères précieuses Qui vont boire Glissent sous les paupières Du grès. Les perdrix dans les prêles Chanteront jusqu'à la nuit. Les peupliers, ruisselants De bonnes nouvelles, Tremblent sous les pieds légers Du soleil. Je suis l'homme Aux durs talons, Aux mains d'écorce ; Les rouges couteaux du pré Traversent mes cheveux Et mon souffle au tien se mêle Bonne chair aventureuse de la terre. (Jean Rousselot) Illustration: Patrick Moya  

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LES VIPÈRES PRÉCIEUSES… (Jean Rousselot)

     Les vipères précieuses Qui vont boire Glissent sous les paupières Du grès. Les perdrix dans les prêles Chanteront jusqu’à la nuit. Les peupliers, ruisselants De bonne…

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LIDICE ET ORADOUR (Wolfgang Weyrauch)

massacres de Lidice et de Lezaky      LIDICE ET ORADOUR Mon enfant, demande à ton père où il était quand Lidice et Oradour se tordaient dans les flammes crépitantes. Interroge-le sur le carillon menteur de l'horloge chez toi et aussi ailleurs. Demande à l'instituteur : la ligne que tu lances tire vers lui. Le loup du zoo, a ça lui fait peur, Lidice et Oradour. Ton voisin, bien content de ses géraniums, vous a oubliés, Lidice et Oradour, l'enfant de feu dans la paille […]

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ÉTÉ (Georg Trakl)

     ÉTÉ Au soir se tait la plainte Du coucou dans la forêt. Plus bas s'incline le blé, Le pavot rouge. Un orage noir menace Par-dessus la colline Le vieil air du grillon Meurt dans le champ. Le feuillage du marronnier Ne bouge plus. Dans l'escalier tournant Bruit ta robe. Calme brille la chandelle Dans la chambre obscure ; Une main d'argent L'a éteinte ; Accalmie, nuit sans étoiles. *** SOMMER Am Abend schweigt die Klage Des Kuckucks im Wald. Tiefer neigt […]

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ROUGE VIF (Karoline von Günderode)

     ROUGE VIF Ô rouge intense, Que mon amour Jusqu'à la mort te ressemble, Que jamais il ne palisse, Jusqu'à la mort, Ô rouge ardent, Que mon amour te ressemble. *** HOCHROT Du innig Rot, Bis an den Tod Soll meine Lieb dir gleichen, Soll nimmer bleichen, Bis an den Tod, Du glühend Rot, Soll sie dir gleichen (Karoline von Günderode) Recueil: Anthologie de la poésie allemande bilingue Editions: La Pléiade

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Le jardin sur la place (Cesare Pavese)

  Le jardin sur la place, enfoui dans la fraîcheur et dans l’obscurité. Dans la nuit, les maisons qui se perdent dans le noir, gigantesques, font entrevoir entre leurs masses des lumières. Un désert terrifiant au fond du ciel lointain, entre les étoiles. La grande fièvre splendide s’assourdit lorsqu’elle atteint ce noir. Ici c’est le silence, l’immobilité haute d’un cimetière. Les bruits et les lumières parviennent du lointain, d’au-delà de ces […]

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Le jardin sur la place (Cesare Pavese)

  Le jardin sur la place, enfoui dans la fraîcheur et dans l’obscurité. Dans la nuit, les maisons qui se perdent dans le noir, gigantesques, font entrevoir entre leurs masses des lumières. Un …

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