Le croissant du trottoir

On s’est réveillé le premier. Avec une prudence de guetteur indien on s’est habillé, faufilé de pièce en pièce. On a ouvert et refermé la porte de l’entrée avec une méticulosité d’horloger. Voilà. On est dehors, dans le bleu du matin ourlé de rose : un mariage de mauvais goût s’il n’y avait le froid pour tout purifier. On souffle un nuage de fumée à chaque expiration : on existe, libre et léger sur le trottoir du petit matin. Tant mieux si la boulangerie est un peu loin. Kérouac mains dans les poches, on a tout devancé : chaque pas est une fête. On se surprend à marcher sur le bord du trottoir comme on faisait enfant, comme si c’était la marge qui comptait, le bord des choses. C’est du temps pur, cette maraude que l’on chipe au jour quand tous les autres dorment.

Presque tous. Là-bas, il faut bien sûr la lumière chaude de la boulangerie c’est du néon, en fait, mais l’idée de chaleur lui donne un reflet d’ambre. Il faut ce qu’il faut de buée sur la vitre quand on s’approche, et l’enjouement de ce bonjour que la boulangère réserve aux seuls premiers clients complicité de l’aube.

_ Cinq croissants, une baguette moulée pas trop cuite !

Le boulanger en maillot de corps fariné se montre au fond de la boutique, et vous salue comme on salue les braves à l’heure du combat.

On se retrouve dans la rue? On le sent bien : la marche du retour ne sera pas la même. Le trottoir est moins libre, un peu embourgeoisé par cette baguette coincée sous un coude, par ce paquet de croissants tenu de l’autre main. Mais on prend un croissant dans le sac. La pâte est tiède, presque molle. Cette petite gourmandise dans le froid, tout en marchant : c’est comme si le matin d’hiver se faisait croissant de l’intérieur, comme si l’on devenait soit même four, maison, refuge. On avance plus doucement, tout imprégné de blond pour traverser le bleu, le gris, le rose qui s’éteint. Le jour commence, et le meilleur est déjà pris.

*

Ce n’est pas ce que l’on dit qui compte, mais ce qu’on entend. C’est fou comme la voix seule peut dire d’une personne qu’on aime – de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité à vivre, de sa joie. Sans les gestes, c’est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s’installe.

Philippe Delerm dans La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules

Une pièce musicale de Gautier Capuçon – Les Champs-Elysées

https://www.youtube.com/watch?v=K5KRCzUdWh0&list=RDK5KRCzUdWh0&start_radio=1

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Everness (Jorge Luis Borges)

     Everness Seule une chose n'est pas. C'est l'oubli. Dieu sauve le métal, son résidu Et sa prophétique mémoire inclut Les lunes qui seront et qui ont fui. Tout est déjà. Les reflets par milliers Qu'entre les aubes du jour et du soir Ton visage a laissés sur les miroirs Et ceux que peu à peu il va laisser. Tout est une partie de ce divers Cristal d'une mémoire, l'univers; Ses ardus corridors n'ont pas de fin Et les portes se ferment sur tes pas; Ce n'est que […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/24/everness-jorge-luis-borges/

Einstein, la musique et le temps

Einstein, qui a révolutionné l’idée que les physiciens se font du temps et de l’espace, aimait la musique, d’un amour irrépressible, vaste et joyeux. « Je pense souvent en musique. Je vis mes rêveries en musique. Je vois ma vie en termes de musique », confia-t-il un jour.

Dans les sonates de Mozart,  » si pures et si belles”, c’est “le reflet de la beauté intérieure de l’univers » qu’il voyait. La fascination de la science pour la musique étant tout à fait réciproque, la créativité de l’une exaltant le discours de l’autre, nous vous proposons, à travers des œuvres intemporelles de Bach, Bacewicz, Ysaÿe, Beffa, de percer certains mystères métaphysiques auxquels vous n’auriez pas imaginé avoir accès…

Jubilons ! #2025 – 30 août : EINSTEIN, LA MUSIQUE ET LE TEMPS – Étienne KLEIN – Mars (07)

https://www.youtube.com/watch?v=aTF28ORzY4g

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Jubilons ! #2025 - 30 août : EINSTEIN, LA MUSIQUE ET LE TEMPS - Étienne KLEIN - Mars (07)

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S’irriguer au reflet (Pierre Warrant)

  S’irriguer au reflet écouter la source s’habiller de pierre emprunter la neige être à l’oubli du temps dans l’énigme de l’immense avoir ce qu’on ignore ce presque tout volé au vent. (Pierre Warrant) Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/  

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/18/sirriguer-au-reflet-pierre-warrant/

S’irriguer au reflet (Pierre Warrant)

  S’irriguer au reflet écouter la source s’habiller de pierre emprunter la neige être à l’oubli du temps dans l’énigme de l’immense avoir ce qu’on ignore ce presque tout volé au vent. (Pierre Warra…

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L’UNIVERS MUET (Eqbâl)

     L'UNIVERS MUET Sur le bord de la mer à la vague j'ai dit : « Pourquoi cette quête fiévreuse et pourquoi cette angoisse? Tu portes sur ton front mille perles étincelantes; as-tu dans ton sein, comme moi, cette autre perle : un cœur? » Frémissante, elle s'enfuit du rivage sans rien dire. J'ai dit à la montagne : « Es-tu donc insensible? N'entends-tu pas d'un cœur en peine les soupirs et les plaintes? Si dans ton flanc de roc un seul rubis est fait de sang […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/14/lunivers-muet-eqbal/

L’amour a son triomphe (Ingeborg Bachmann)

Illustration: Ludovic Florent      L'amour a son triomphe et la mort a le sien, le temps, et puis le temps d'après. Mais nous, aucun. Déclin d'astres autour de nous, sans plus. Reflet, silence. Après pourtant le chant par-dessus la poussière s'élèvera plus haut que nous. (Ingeborg Bachmann) Recueil: Poèmes Traduction: de l'allemand par François-René Daillie Editions: Actes Sud

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/10/lamour-a-son-triomphe-ingeborg-bachmann-2/

Bonjour,
#TextureTuesday
#Ombre et lumière, et #reflet sur le fond d'une fontaine couvert de feuilles et algues, elles même couvertes de poussière d'argile ou sable très fin.
J'ai beaucoup aimé les 4 secteurs de la composition plus ou moins éclairés selon qu'ils étaient à l'ombre d'un ou deux côtés du bassin ou en plein soleil. De même, j'ai bien aimé le rendu de la poussière sur les feuilles au fond du bassin. Je trouve l'ensemble très "graphique"

#photography #texture #reflection #SolYSombra #shadow #graphique #bretagne #Finistere

Jour/day 31 : soleil / sun

Autoportrait sous le soleil (exactement).

Un grand grand merci à @[email protected] et à tou⋅te⋅s pour les jolies interprétations ! 👍😀

#PhotoMai2026 #PhotoMay2026 #darktable #soleil #porte #reflet #lunettes