Chaque matin
après lui avoir brossé les ailes

je range mon ange gardien
dans le placard

Anise Koltz, in Somnambule du jour
(Poésie/Gallimard)

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J'ai mis tes mots dans de beaux draps
et me suis couchée
ton âme sous mon ventre
s'est ouverte
et j'ai gardé l'entame
pour les jours sans

Laure Cambau, in Le Couteau dans l'étreinte
(Éditions PHI)

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Et Dieu créa des subordonnés femelles jeunes,
appétissants,
doux et gentils,
admiratifs,
que leurs supérieurs pussent facilement
déguster du regard,
parfois de l'épiderme,
en pensée tout au moins soumettre,
flattés,
à leur désir,
délicatement dépuceler
comme le Saint-Esprit
descend sur la Colombe.

Jeanne Chardon, Nos Supérieurs
in Piquants, duvets et graines folles
(Éditions Saint Germain des Prés)

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Mauvaise aération de nos vies insondables.

Fermer les yeux parfois ouvre
un silo étouffant
des chiures de mots moches décorent
les pales d'un ventilateur asthmatique.

Si tu m'aimes
montre-moi tes monstres
nous les accrocherons
aux sept couleurs du tangara.

Qui est dans le vrai ?
La confiance en soi
est-ce une alliée ou une rivale à lier ?
Guénane, in Ta fleur de l'âge
(Rougerie)

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Ta chair de lupin
tes joues chauds abricots
tes baisers-bulles
qui éclatent en rosée
ta bouche framboise mouillée
ma fille ma futée ma fruitée
tu résumes le monde
en un mètre de chair.

Lucie Spède, Résumé
in Volte-face
(Grasset)

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et coquille je suis – moi – nacre et circonvolutions
moi – infiniment enroulée en moi-même
portée sur l'eau par les vents
attendue quelque part sur la terre

Luce Guilbaud, in Où la chambre d'enfant
(Tarabuste Éditeur)

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Lever de rideau et chair cabotine.
Fleurs et dentelles suffisent parfois pour affronter l'univers
dans l'écartement des cuisses.

Une robe pour camisole, un jeu de sirène et une tasse de thé
vert.
Elle attache le silence à son cou.
Elle agite un bracelet de chut.
Elle met du rien sur sa langue.

Claudine Bertrand, in Le corps en tête
(L'Atelier des Brisants)

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Tu existes
Tu es moi
Une aventure de l’esprit
Une couleur de mon corps
Une façon de me croire
En bateau ivre
J’aime que tes yeux s’étirent
Comme un matin de sommeil
Que tes mains m’apprivoisent
Tu existes
Et tu t’amuses
Car je sais déjà m’échapper
Et te marcher un peu
Sur le cœur

Denise Dubois Jallais, Commencements
in Exaltation de la vie quotidienne
(Édition Stock)

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Onze heures sonnent sous le vent.
On entend vibrer les vitres dans la solitude.

On se dit :
les écorces ont froid.

Sous la lune
un bizarre printemps blanchit l'extrémité des tiges.

On approche les lèvres de la fenêtre
et la vie apparaît fragile, étrangère
dans ces miroirs au tain de nuit trouée.

Marie-Claire Bancquart, in Terre énergumène
(Gallimard)

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on plante un noyau dans le sable avec un peu d'eau
on plante l'enfance avec l'arbre à venir
et la pulpe des mots pour les années plus tard

Luce Guilbaud, in Où la chambre d'enfant
(Tarabuste Éditeur)

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