L’étranger de François Ozon

Tiré du roman d’Albert Camus, l’histoire est sur l’absurdité de la vie. Le jeune Blanc vit dans un pays qui n’est pas le sien et vit l’hostilité entre blancs et arabes. Ses premiers mots dans le film ne sont pas pour sa mère, comme dans le roman, mais sur l’arabe qu’il a tué.

Nous sommes à Alger en 1938. Meursault (Benjamin Voisin), jeune homme en début de trentaine, est un petit employé sans envergure, sans ambitions, sans émotions, qui vit au jour le jour. Il enterre sa mère sans même pleurer et entame une liaison avec sa collègue de bureau Marie Cardona (Rebecca Marder) sans la désirer. Seul le corps fonctionne, en fonctionnaire fidèle, sans état d’âme. S’il entend le voisin battre sa maîtresse (arabe) et un autre battre son compagnon (chien), il ne dit rien, ne pense rien, laisse faire. Chacun a ses raisons, ce qui l’indiffère.

Sa vie est terne, sans relief, tissée d’habitudes sans projet ni avenir. Il n’a plus son père mais une mère en institution qui va mourir peu après. Alors, pourquoi donner du sens ? Nager dans la mer donne du sens au corps sage et pâle, aimer sa petite copine donne du sens aux relations sociales ; mais encore ? L’amitié virile conduit aux bagarres et aux beuveries. Son voisin Raymond Sintès (Pierre Lottin) l’entraîne dans ses histoires louches qui mettent de l’animation dans sa vie. Il se laisse faire. jusqu’au drame sur la plage. La faute au soleil, implacable ; la faute au reflet sur la lame du couteau arabe, qui suscite le réflexe. Meursault tue, parce qu’il est blanc et que l’autre est arabe ; parce qu’il est un jeune homme et que c’est lui ou moi ; parce que tout est indifférent, au fond, sa vie comme la mienne.

Il ne comprend pas ce qui lui arrive et se laisse aller par le destin, Il ne se défend pas, au grand dam de son avocat (Jean-Charles Clichet) et de Marie. Il sera condamné et aura la tête tranchée. Il ne souscrit pas aux apparences qu’adore la société, ni à sa religion de soumission – il ne joue pas le jeu et se trouve définitivement « étranger » à ce monde social frelaté. Il sert donc de bouc émissaire à « la justice », pour clamer l’égalité devant la loi, blanc et arabe même chose, pour la joie de la sœur du tué, Djemila, qui a servi de pute à Sintès. Comme si c’était la réalité…

De la conscience de Meursault ne s’élève pas le « pourquoi » salvateur. S’il est « innocent », il ne réfléchit pas à son existence, ne prend pas conscience de sa condition d’homme. Au contraire, il renonce. Au mariage, à l’amitié, aux relations sociales. Il tue un arabe pour exister, mais cela même le tue.

Le personnage central est attiré par le vortex du nihilisme ; aucune révolte en lui – aucun élan vital. Même le sexe ne conduit pas à l’amour, et se réduit à l’institution civique et religieuse du mariage. Tourné en noir et blanc pour rendre l’austérité du personnage, le vide de sa vie, le gris de sa conscience – mais aussi situer l’histoire hors du temps – le film est fort et pose la question brute : que fait-on ici et maintenant, dans la pure indifférence du monde ?

Le dialogue final avec le curé est pour moi trop long, trop prêcheur. On sent bien la colère de Camus (et d’Ozon) contre l’Église, ses clercs qui ânonnent la langue de bois de la croyance, l’incompréhension manifeste envers qui ose penser différemment, le carcan social et moral du christianisme d’Église, l’idéalisme porté à sa quintessence. Dieu ne signifie rien puisque le monde va sans intention, poussé par ce qui est et devient. Les humains comparent trop volontiers ce qui est eu présent à ce qui devrait être. Ils imaginent un monde idéal, un Paradis, la cité de Dieu, les idées éternelles, l’impératif moral, la marche inexorable de l’Histoire, l’État réalisant l’Être… Tout ce fatras est irréel, enfiévré ; il incite à quitter le monde pour le rêve, à situer le vrai ailleurs qu’ici et maintenant. C’est tout cela que conteste confusément Meursault, sans y penser vraiment, sans l’assumer.

Il se laisse faire, il se laisse vivre, il se laisse aller. Pas étonnant à ce que le néant ne l’absorbe peu à peu tout entier.

César 2026 du meilleur acteur pour Benjamin Voisin et du meilleur second rôle pour Pierre Lottin

DVD L’étranger, François Ozon, 2025, avec Benjamin Voisin, Denis Lavant, Pierre Lottin, Rebecca Marder, Swann Arlaud, Gaumont, français, 1h58, €19,99

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Albert Camus, L’Etranger et le Mythe de Sisyphe

Publiés volontairement à quelques mois d’intervalle, en pleine Occupation, le roman et l’essai se complètent et s’enrichissent l’un de l’autre. Le roman renouvelle la littérature française du temps…

argoul

Ik heb voor 't eerst in m'n leven stickers besteld
Van idealisme naar activisme
Ik kan niet noch wil accepteren dat fascisme in NL toeslaat. De hoeveelheid geweld, bedreigingen, agressie, machtswellust, leugens...
Het is allemaal té veel
Dit moet stoppen
Ik ben Antifa

www.derodelap.nl

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Er zijn veel nare, lelijke dingen in het leven
Deze partij en haar filosofie, PvdD , geven me altijd een goed gevoel net als m'n hond Koosje
Kort geleden, toen het nog warm was, hield hij buiten de wacht (nee dus😅) lekker in de schaduw, hield goed bij of er🐱 🐈 katten in de buurt waren

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Dominer N'est Pas Raisonnable

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La nouvelle physique de la conscience

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La physique de l'âme humaine

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"L’idée binationale défend l’affirmation du droit à l’autodétermination nationale aussi bien pour les Palestinien·nes que pour les Juif·ives sur l’ensemble du territoire de la Palestine historique. L’idée était déjà au cœur du sionisme culturel, spirituel et humaniste qui se développe au sein de certains cercles juifs d’Allemagne à la fin du XIXe siècle, puis en Palestine mandataire, et qui insiste sur la nécessité d’une entente judéo-arabe sur l’ensemble du territoire.

"La formation d’un idéal d’entente entre la mer Méditerranée et le fleuve Jourdain est presque concomitante à l’arrivée des premier·ères colons sionistes, à la fin du XIXe siècle."

https://www.yaani.fr/post/le-charme-discret-de-l-id%C3%A9e-binationale

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Le charme discret de l’idée binationale

À l’échec patent de la solution à deux États, l’idée binationale se réinvite dans le débat intellectuel.

Yaani
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RECENSIE - Na De meeste mensen deugen, ligt nu Morele ambitie in de schappen, het boek waarin Bregman je vertelt dat je dan waarschijnlijk wel deugt, maar dat je morele ambitie zeer waarschijnlijk ondermaats is. En dat je flinke morele ambitie nodig hebt om verschil te maken in de wereld. Deugen alleen is niet langer […]

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> Oprustning er nødvendigt selvforsvar, hedder det. Men hvem, der kender historien, tror på, at der er vandtætte skotter mellem den artige forberedelse og en faktisk krigsdeltagelse? Har man læst Henrik Ibsen, ved man, at hvis der ligger en pistol på kommoden i første akt, skal den skydes af i femte.

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Katrine Wiedemann: Oprustning må ikke ophøjes til naturlov

Vi presses i øjeblikket til at acceptere krig og oprustning som fornuftshandlinger. Det er frygten, der har overtaget roret i vores del af verden. Frygten kalder sig fornuft, det vil den altid gøre.

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