- https://www.politis.fr/articles/2026/02/femmes-issues-de-la-communaute-des-gens-du-voyage-on-nous-refuse-le-droit-de-vote/ (Femmes issues de la communauté des gens du voyage : « On nous refuse le droit de vote »)
Source: https://bsky.app/profile/rafumab.bsky.social/post/3mdy4zvefuc2y
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Ă lâapproche des municipales de 2026, des familles de gens du voyage se voient refuser lâinscription sur les listes Ă©lectorales au motif de leur mode dâhabitat.
Une discrimination qui exclut des citoyens français du droit de vote, dénoncée par le collectif Da So Vas (https://www.instagram.com/collectif_da_so_vas/).
Nous parlons depuis les marges de la République. Nous parlons depuis une place invisibilisée depuis trop longtemps.
Mais nous parlons également depuis la dignité que nous voulons affirmer.
Nous ? Des femmes issues de la communauté des gens du voyage, organisées au sein du collectif Da So Vas (https://www.instagram.com/collectif_da_so_vas/) .
Des femmes engagĂ©es pour transformer nos conditions dâexistence.
Parce que nous savons que voter est un acte essentiel, nous accompagnons, depuis plusieurs mois, des familles qui souhaitent sâinscrire sur les listes Ă©lectorales de leur commune, dans la mĂ©tropole lilloise.
La démarche est simple, légitime, conforme au droit.
Ces familles vivent Ă lâannĂ©e sur la commune concernĂ©e, disposent de justificatifs de domicile conformes et sont citoyennes françaises.
Pourquoi ne pourraient-elles pas voter ? Aucune raison ne saurait justifier de les maintenir en dehors du champ dâexercice de la citoyennetĂ©.
Comme tout le monde, elles veulent pouvoir choisir leurs représentants municipaux.
Ă lâheure oĂč on parle souvent de lâabstention grandissante, comment ne pas saluer cette volontĂ© ?
Nous vivons, travaillons, élevons nos enfants ici.
Nous payons des impÎts, scolarisons nos enfants dans les écoles de la République, participons à la vie locale.
Et pourtant, Ă lâapproche des Ă©lections municipales de mars 2026, on nous refuse un droit fondamental : celui de voter. Une fois encore les gens du voyage nâont pas le droit de citĂ©.
# « On tente de nous effacer »
On encourage les autres Ă voter, mais nous, on tente de nous dissuader de le faire.
Des arguments fallacieux nous sont opposés et dressent un mur entre nous et le reste de la population.
Nos aires dâaccueil ne sont pas reconnues comme des lieux dâhabitation « classiques ».
Les caravanes ne seraient pas des domiciles. RĂ©sultat : nous subissons des refus dâinscription, rĂ©pĂ©tĂ©s, systĂ©matiques.
Comme si notre mode dâhabitat suffisait Ă nous disqualifier politiquement. On tente de nous effacer, de nous empĂȘcher de prendre notre destin en main.
Simple problĂšme administratif ? Une solution existe. Avec les familles concernĂ©es, nous avons proposĂ© une attestation dâoccupation dĂ©livrĂ©e par le gestionnaire des aires dâaccueil du Nord, Vago, permettant dâattester de la rĂ©alitĂ© de la sĂ©dentarisation.
Ce document a Ă©tĂ© validĂ© par la MĂ©tropole europĂ©enne de Lille et transmis aux services de lâĂtat. Tout semblait enfin rĂ©uni pour lever cet obstacle
Et puis, brutalement, le refus est tombé comme le couperet de la guillotine.
Arbitraire et brutal.
Sans justification sérieuse.
Sans alternative proposée.
Un simple « non », qui prive de fait des citoyennes et citoyens français de leur droit de vote, pourtant garanti par la Constitution.
Il faut appeler les choses par leur nom.
EmpĂȘcher des personnes de voter en raison de leur mode dâhabitat constitue une discrimination grave.
Câest une maniĂšre dĂ©tournĂ©e mais trĂšs concrĂšte dâexclure une partie de la population de la dĂ©mocratie.
Câest dire, en creux, que certains citoyens compteraient moins que dâautres.
# Exiger lâĂ©galitĂ©
Ce qui se joue ici dépasse largement notre situation.
Car si lâon accepte que le droit de vote puisse ĂȘtre conditionnĂ© Ă une norme dâhabitat, alors on accepte que la citoyennetĂ© devienne Ă gĂ©omĂ©trie variable.
Aujourdâhui les gens du voyage, demain qui ?
Les personnes sans domicile fixe ?
Les habitants de squats ?
Les plus précaires ?
Aucune ville, aucun village ne devrait exclure les gens du voyage du corps électoral.
Nous refusons cette dérive.
La dĂ©mocratie ne peut pas ĂȘtre un privilĂšge rĂ©servĂ© Ă celles et ceux qui rentrent dans les cases administratives.
Elle doit ĂȘtre un droit effectif, rĂ©el, pour toutes et tous.
Sans cela nous reviendrons Ă une forme de suffrage censitaire, excluant de fait des millions de personnes.
Câest pour cela que nous avons dĂ©cidĂ© de prendre la parole rendre cette injustice visible.
En manifestant, en prenant la parole, en écrivant.
Non pas pour demander un traitement particulier, mais pour exiger lâĂ©galitĂ©.
Rien de plus. Rien de moins.
Aucune ville, aucun village ne devrait exclure les gens du voyage du corps électoral.
EmpĂȘcher des citoyens de voter nâest pas un simple dysfonctionnement administratif.
Câest une remise en cause directe des principes rĂ©publicains.
Alors nous nous battons, comme tant de fois dans notre histoire nous avons dĂ» le faire.
Et nous continuerons à nous battre, collectivement, pour que la société accepte enfin que nos vies comptent, et que soient respectés nos droits.
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