@Acermendax Les autres archives d’époque croisées par #AnnieLacroixRiz au sujet de la #synarchie (nom que s’est donné depuis au moins 1922 un noyau du grand capital français d’initialement 12 personnes (11 connues seulement), et allant jusqu’à une « liste de membres » policière, de ou postérieure à août 1943, comptant 364 synarques et sous-synarques. Qui furent les commanditaires de la poigne fasciste réunie dans #LaCagoule), ces archives donc, sont principalement étudiées dans son livre Le Choix de la défaite dont je vous ai déjà parlé par mél à l’ #Astec, ce sont les suivantes :

  • Les archives du Secrétariat général de la Police, F/7 n°15343 : « #Synarchie : études, rapports, coupures de presse, 1941-1948 » aux #ArchivesNationales ;
  • Les rapports de guerre étatsuniens sur la synarchie, 1942-1943 déclassifiés en 1947 dans le livre « Our Vichy Gamble » (Notre jeu à Vichy) par #WilliamLeonardLanger (chef de la Research and Analysis Branch de l’ #OSS (Office of Strategic Services)), où il cite les rapports de #WilliamLeahy (ambassadeur à #Vichy) et de #AnthonyJosephDrexelBiddle Jr. (ambassadeur auprès de divers pays occupés représentés à #Londres).
  • Le « rapport officiel de fin de mandat d’Occupation de la #France sur la #synarchie », 1944, par #ElmarMichel (chef de la section économique du Militärbefehlshaber in Frankreich) ;
  • Le seul énorme (359 cotes) dossier W3, 222, aux #ArchivesNationales, composé de trois microfilms dont un volume « Lehideux-synarchie » – d’une série d’enquêtes ouvertes à l’origine non pas sur la #collaboration mais sur l’atteinte à la sûreté intérieure et/ou extérieure de l’État ou #trahison, punie de la peine de mort, conformément à l’article 75 du Code pénal, c’est-à-dire précisément sur le #complot contre la République et l’intelligence avec l’ennemi de la #synarchie – que #AnnieLacroixRiz n’a dépouillé qu’après la rédaction du Choix de la défaite, et qui démontre avec éclat, sur la base de la correspondance d’Occupation, l’existence et le rôle tentaculaire de la #synarchie.
  • L’article de #HenriDuMoulinDeLabarthète (sous le pseudonyme de #PhilippeMagne, chef de cabinet civil du maréchal #Pétain en 1940-41) : « La synarchie française », joint au rapport de « l’inspecteur spécial » de la PJ #Vilatte, chargé à la #Libération de l’enquête « sur la #synarchie »
  • Et enfin, le journal « Une saison gâtée : journal de la Guerre et de l’Occupation. 1939-1945 », du grand banquier #CharlesRist, établi, présenté et annoté en 1983 par #JeanNoëlJeanneney (historien à l’ #IEP de Paris (encore lui @RichardMonvoisin ! décidément JNJ ne s’est pas chargé que de brosser #FrancoisDeWendel …)) puisque #AnnieLacroixRiz y a notamment relevé rien de moins que l’aveu accablant de #complot suivant (à l’entrée du 18 décembre 1942, p. 321) :

    [Raphaël] Alibert, d’accord avec les gens du #CSAR [Comité secret d’action révolutionaire dit « la Cagoule »] et financé par les synarques de la #BanqueWorms, préparait un coup de force. On s’était entendu avec #Hitler pour que celui-ci, intervenant au bon moment, assure le succès de l’affaire et, se posant en arbitre, impose ses conditions.

Vu le niveau de preuve accablant des archives d’époque, Le Choix aborde aussi des témoignages à postériori mais tout aussi accablants, comme celui dans « Hauts fonctionnaires sous l’Occupation », 1996, des… hauts fonctionnaires (et grands banquiers) #FrançoisBlochLainé et #ClaudeGruson :

tous deux dialoguent sur « la “synarchie” », #Gruson cite « #PierrePucheu, lequel faisait partie de l’équipe de #Barnaud », et demande : « Mais comment #Barnaud lui-même avait-il été nommé là ? » Par la #BanqueWorms, répliquent les vieux amis : #BlochLainé évoque « des groupes actifs, devenus complices, dont un avait, me semble-t-il, ses attaches à la #BanqueWorms » ; « il est possible que la #BanqueWorms ait “poussé” #Barnaud », ajoute #Gruson. Le terme « #synarchie » que #Gruson a employé sans critique génère une note sur « le mythe », abordé par #BlochLainé après quelques mots sur les déjeuners de la banque. Seconde étape, funeste à la thèse du mythe, 23 pages plus loin : « Cette prise du pouvoir par une minorité qui mijotait depuis longtemps, mais qui n’a eu sa chance que grâce à la défaite, a tout brouillé. C’est cette minorité qui a réanimé sans difficulté l’ #antisémitisme, l’ #antimaçonnisme, l’ #anticommunisme, sous le couvert de l’État dont nous étions les agents, dont nous n’avions pas suivi la partie émigrée à #Londres »

#HistoireSurArchives

Alternativebit

@Acermendax Bonjour, j’ai appris que votre émission sur le #fascisme aura lieu vers la rentrée, cela devrait vous permettre si vous le souhaitez de prendre connaissance de ces deux archives d’époque sur le #FascismeFrançais (parmi des tombereaux d’autres sur le sujet mais la plupart non destinées à la publication). Elles sont croisées de manière critique par l’historienne #AnnieLacroixRiz dans son papier La non-épuration américaine des partenaires financiers français. Des rapports incontournables depuis le premier après-guerre :

  • Veni Vidi Vichy (1944). Témoignage du grand diplomate #RaymondBrugère (1885-1966), fils du général #JosephBrugère, qui fut, parmi les diplomates français, le seul qui pût revendiquer, avant et pendant l’Occupation de la #France, le titre de patriote ou de résistant. En effet, il démissionna de son poste d’ambassadeur à #Belgrade le 17 juin 1940, pour protester contre la demande d’armistice maquillée en « demande des conditions d’armistice » par le radical pronazi (et très américanophile) #Chautemps, complice de #Pétain. Dans la troisième semaine de septembre 1944, #DeGaulle le nomma secrétaire général du Quai d’Orsay. Mais Trois semaines après sa nomination, il l’évinça, notamment pour avoir osé opposer, devant un représentant américain, le 21 septembre, la longue bienveillance de #Washington envers #Vichy et les humiliations systématiquement infligées au Gouvernement provisoire de la République de #DeGaulle, alors toujours pas reconnu.
    Extrait :

    Si dans le combat que je menais contre #Vichy auprès de mes collègues étrangers, il m’était relativement aisé de décortiquer à leurs yeux l’action individuelle et les tenants et aboutissants de gens comme #Pétain, #Laval, #Brinon, etc., par contre, je me heurtai — surtout en fin 40 et 41 — au travail mystérieux et souterrain d’une équipe à ramifications financières internationales dont on ne savait trop au juste qui tenait les fils et quelles en étaient les appartenances et aspirations politiques.
    Il s’agit de la fameuse « #synarchie », sorte de société secrète groupant un petit nombre d’industriels — polytechniciens, hommes de banque, inspecteurs des Finances — qui, les uns et les autres, aspiraient sur des bases antiparlementaires, sinon à la reprise du pouvoir, du moins à la prise des leviers de commande économiques du pays.
    […] L’organe financier autour duquel les dirigeants de la #synarchie gravitaient pour la plupart était la banque — aux multiples rayons — #HippolyteWorms. Cette banque avait, bien avant les événements de juin 40, étendu son emprise sur certaines administrations, en particulier, grâce à #DeMonzie et son chef de cabinet #Berthelot, sur celle des Travaux Publics. La #défaite fournit à la #synarchie, déjà installée dans la place par la présence de #Baudoin aux côtés de #PaulReynaud, une occasion inespérée de faire mieux ; elle devint vraiment une puissance et réussit à s’assurer, avec #Baudoin déjà nommé, les Affaires étrangères, avec #Belin le Travail, avec #Pucheu l’Intérieur, avec #Bouthillier les Finances, avec #Berthelot les Travaux Publics, avec #LeroyLadurie l’Agriculture, avec #Lehideux la Production Industrielle, avec #Barnaud les Affaires économiques franco-allemandes, avec #DuMoulinDeLabarthète le Cabinet du Maréchal.

  • The Forces of Collaboration. In Defeated France (1942). Article dans Foreign Affairs de #LouisRosenstockFranck (1906-1991), ancien élève de #Polytechnique, membre de #XCrise lié à #JeanCoutrot et à la droite la plus ouvertement anticommuniste de la #SFIO, dont #CharlesSpinasse, et de la #CGT, dont #FrancisMillion – auxiliaires avérés de l’inspection des Finances synarchique. Incontestable synarque, embauché à l’automne 1939 au ministère de l’Armement par le grand synarque #RaoulDautry, avait dans l’entre-deux-guerres beaucoup fréquenté les #ÉtatsUnis et était resté, apparemment sans césure, pro-américain […]. #Franck, passant les années d’Occupation de la #France au service des #ÉtatsUnis, avait eu en octobre 1942 l’honneur d’un article dans la revue officielle #ForeignAffairs, qui le présentait ainsi : « ancien fonctionnaire du ministère français des Finances et de l’Économie nationale ; un haut fonctionnaire au ministère de l’Armement, jusqu’à la capitulation ; désormais conseiller auprès du Board of Economic Warfare à #Washington ». [Il] décrivait […] avec une franchise malheureusement tempérée voire annulée par au moins deux motivations : ses compromettantes missions politico-syndicales d’avant-guerre, sous l’égide de #JeanCoutrot et alii, et la certitude des inévitables retrouvailles, après la guerre, avec ses pairs comploteurs d’avant-guerre restés sur place.
    Extrait :

    On the eve of #Munich, all the definitely pro-Fascist factions in #France were working under cover of darkness;

  • Alternativebit