"Une autre #famine serait un cauchemar": la descente de #Gaza dans une nouvelle crise alimentaire
Les rĂ©ductions de financement et le blocus israĂ©lien pourraient ramener la famine dans lâenclave
Pour Mohammad Abu Rameesh, 44 ans, la nourriture pour sa famille viendrait sous forme de repas quotidiens livrés par des cuisines communautaires. Déplacé de Jabalia à la zone cÎtiÚre d'Al Mawasi à Khan Younis, dans le sud de Gaza, M. Abu Rameesh comptait entiÚrement sur l'aide pour nourrir ses huit enfants.
« Au dĂ©but, les repas suffisaient », a-t-il dĂ©clarĂ© au National. « Il y avait de la variĂ©tĂ©. Nous nâavions pas besoin de cuisiner ou dâacheter quoi que ce soit. Mais cette stabilitĂ© a pris fin. Les cuisines qui autrefois livraient de la nourriture quotidiennement le font maintenant sporadiquement, si elles le font du tout.
Maintenant, M. Abu Rameesh marche quatre kilomÚtres chaque jour pour atteindre une autre cuisine caritative aprÚs que l'aide se soit terminée dans sa région.
Son histoire reflĂšte un changement Ă travers Gaza, oĂč les systĂšmes dâaide humanitaire se rĂ©duisent sous la pression de rĂ©ductions de financement et de restrictions sĂ©vĂšres sur les approvisionnements.
En 2025, une cinquantaine dâorganisations internationales ont contribuĂ© Ă la livraison de nourriture dans toute la bande de Gaza. Mais Ă la fin de lâannĂ©e, 37 de ces organisations avaient Ă©tĂ© informĂ©es par le gouvernement israĂ©lien que leurs enregistrements expireraient le 31 dĂ©cembre.
Cela est survenu aprĂšs la mise en place dâune nouvelle loi, en vertu de laquelle toutes les ONG internationales opĂ©rant Ă Gaza devaient partager les noms de leur personnel avec les autoritĂ©s israĂ©liennes. Beaucoup ont refusĂ© de le faire.
Les travailleurs humanitaires dĂ©crivent une « tempĂȘte parfaite » de fonds en dĂ©clin, de la fatigue des donateurs et de lâaugmentation des restrictions israĂ©liennes. Un travailleur de #WorldCentralKitchen Ă Deir Al Balah a dĂ©clarĂ© que si le groupe humanitaire supervisait autrefois 65 cuisines communautaires, ce nombre a Ă©tĂ© plus que divisĂ© par deux.
"Nous avions l'habitude de fournir des dizaines de milliers de repas par jour, maintenant nous ne fournissons que des milliers", a déclaré l'ouvrier à The National, accusant l'entrée limitée de matiÚres premiÚres.
Lâune des conditions du cessez-le-feu qui a stoppĂ© deux ans de guerre dĂ©vastatrice entre IsraĂ«l et le Hamas en octobre Ă©tait que des quantitĂ©s suffisantes dâaide soient autorisĂ©es dans le territoire palestinien. Cependant, les groupes d'aide disent que cela ne s'est pas produit.
Le territoire est incapable de produire sa propre nourriture, avec presque toutes ses terres agricoles inaccessibles ou détruites par les bombardements israéliens, selon l'ONG américaine #MercyCorps.
La baisse de l'approvisionnement alimentaire ne se limite pas aux repas prĂ©parĂ©s. Lâapprovisionnement en pain de Gaza, sans doute la nourriture la plus Ă©lĂ©mentaire et la plus essentielle, est Ă©galement menacĂ©e.
Pour Ibrahim Al Majdhoub, 38 ans, offrir mĂȘme du pain subventionnĂ© pour nourrir ses six enfants est dĂ©jĂ une lutte. "Nous avons besoin de deux kilogrammes par jour", a-t-il dĂ©clarĂ© au National. « MĂȘme maintenant, il est difficile pour moi de payer trois shekels [1 $] pour ce montant. Comment allons-nous gĂ©rer si jamais cela devient 10 ? »
C'est un scénario que beaucoup craignent de devenir bientÎt réalité.
Le #Programmealimentairemondial, qui soutient les boulangeries avec de la farine et du carburant, devrait rĂ©duire ou arrĂȘter son financement dans les semaines Ă venir. Si cela se produit, le prix du pain pourrait plus que tripler, le mettant hors de portĂ©e de nombreuses familles qui en dĂ©pendent comme leur subsistance primaire.
"Sans ce soutien, nous retournons vers la famine", a déclaré M. Al Majdhoub.
Les chiffres derriÚre la crise font une lecture difficile. Abdel Al Ajrami, chef de l'Association des propriétaires de boulangerie à Gaza, affirme que Gaza est confrontée à un manque de 50% de production de pain. Les récentes réductions de l'approvisionnement en farine et en diesel ont réduit la production de boulangerie de 300 tonnes par jour à environ 200, ce qui creuse l'écart entre l'offre et la demande.
Encore plus inquiĂ©tant pour les habitants de Gaza sont les plans de passer des boulangeries dâun systĂšme subventionnĂ© Ă un systĂšme commercial. Avec des fonds en baisse, de nombreux boulangers peuvent devoir passer Ă l'achat de farine et Ă la vente de pain aux acheteurs qui peuvent se le permettre.
Bien que cela puisse fonctionner sur des marchĂ©s stables, M. Al Ajrami a dĂ©clarĂ© quâil est impossible dans la situation actuelle de Gaza, oĂč les marchandises sont rares, et le pouvoir dâachat est extrĂȘmement faible. "Cela ne rĂ©soudra pas la crise", a-t-il dĂ©clarĂ© au National. « Il va lâapprofondir. »
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