Ce projet de « sociolinguistique appliquée (à la didactique des langues-cultures ») ne peut qu’échouer, comme auparavant celui de « linguistique appliquée ».
Pour expliquer ce qu’est une perspective « méta » interne à la DLC, je prendrai l’exemple d’un alpiniste arrivé sur un sommet, et qui de là observe pendant toute une journée une vallée habitée : il n’est pas de ce fait « hiérarchiquement supérieur » aux paysans qu’il aperçoit travailler et aux citadins qu’il aperçoit se déplacer tout en bas. Il a certes un avantage sur eux, celui de les embrasser tous d’un seul regard sur l’ensemble de leur territoire. Une telle perspective « en surplomb » peut assurément fournir à l’alpiniste des données qu’il lui serait impossible de faire dans la vallée, « au ras des pâquerettes », comme on dit plaisamment en français ; mais cet avantage se paie forcément par ailleurs d’inconvénients : un ethnologue qui accompagnera la même journée un seul de ces acteurs sur son terrain tout au long de ses activités recueillera une multitude d’autres données inaccessibles à l’alpiniste, et tout aussi intéressantes a priori. La seule supériorité réelle n’est pas donnée pas telle ou telle perspective en elle-même, mais par le fait de passer constamment de l’une à l’autre en les enchaînant (dans le processus de recherche), ou le fait de les avoir croisées (dans le produit d’une recherche telle qu’un mémoire de Master ou une thèse).
Cours collaboratif en ligne « La didactique des langues-cultures comme domaine de recherche »
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