Où est le dieu (Hélène Dorion)

Illustration: Gilbert Garcin      Où est le dieu qui nous porte au bout du néant ? Dieu que l'on cherche le dos tourné comme une attente jamais comblée. (Hélène Dorion) Recueil: Un visage appuyé contre le monde Editions: Seghers

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MADRIGAL (Francis Carco)

Illustration: Konstantin Razumov      MADRIGAL Vous n'aimez pas qui vous aime Ni qui vous saurait aimer Et ne donnez de vous-même Que ce que voulez donner. Moi, qui vous cherche et vous aime D'un cœur tendre et sans danger, Je ne vous suis qu'étranger. Mais, hélas! l'étrange peine Que celle qui fait aimer Sans souci que l'on vous aime! (Francis Carco) Recueil: La bohème et mon coeur Editions: Albin Michel

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Désinventer le connu

On m’a souvent répété que ce qui est connu est inscrit en nous, que la connaissance laisse une trace dans la mémoire, dans le langage, dans les corps, dans les cultures. On ne peut pas effacer ce que l’humanité connait.

Alors, est-il possible alors de changer notre regard sur ce que nous connaissons ? Oui, au sens poétique et spirituel. Nous pouvons déstructurer l’information que nous apporte notre regard, et tenter de l’appréhender comme si on la voyait pour la première fois. C’est ce que font les enfants naturellement, et ce que cherchent les artistes, les mystiques, les voyageurs, bref, ceux qui empruntent justement des voies de passage pour découvrir de nouvelles perspectives.

En ce sens, désapprendre ou désinventer ne veut pas dire ignorer. C’est, en fait, tenter de suspendre le jugement déjà formé pour laisser l’information se révéler autrement.

Cette approche demande de garder l’étonnement intact malgré la familiarité. D’une certaine façon, c’est apprendre à soulever le voile sur ce qu’on croyait déjà voir. C’est, d’une certaine façon, exactement ce que propose ce blogue Voie (x) de passage, non pas effacer la carte du monde, mais marcher comme si les chemins n’étaient pas encore tout à fait tracés.

Une chanson de Avec pas d’casque interprétée par Michel Rivard et Pierre Lapointe – La journée qui s’en vient est flambant neuve

Les paroles sur https://www.paroles.net/avec-pas-d-casque/paroles-la-journee-qui-s-en-vient-est-flambant-neuve

https://www.youtube.com/watch?v=dxMw7vQLF_g&list=RDdxMw7vQLF_g&start_radio=1

Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

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LA PLAINTE (Karoline von Günderode)

     LA PLAINTE Quand on a ressenti la plus profonde Des blessures dans son esprit et ses sens, La douleur de la séparation amère ; Quand on a aime ce qu'on a perdu, Et doit quitter ce qu'on a élu, Le cœur aimé, On comprend dans la joie les larmes Et l'éternel désir d'amour, D'être un en deux, De se trouver dans l'autre et tant uni à lui, Que s'enfuient les frontières de la dualité Et la peine de l'existence Quand on a pu ainsi gagner d'amour un être Si […]

https://arbrealettres.wordpress.com/2026/06/20/la-plainte-karoline-von-gunderode/

LISE, L’ASTROLOGUE (Matthias Claudius)

Illustration: Leslie Allen      LISE, L'ASTROLOGUE Souvent je regarde à minuit, Quand j'ai terminé mon ouvrage, Et que tout dort en la maison, Les étoiles dans le ciel. Elles vont là, partout répandues Comme des agneaux dans les champs ; En bandes aussi, et bien en rang Comme des perles sur leur fil ; Et scintillent toutes vastement Et scintillent belles et pures; Je vois l'immense splendeur Et jamais ne m'en fatigue .. Alors sous le firmament, Une voix dit en mon […]

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Ne cherche pas à combler le manque (Alain Suied)

Ne cherche pas à combler le manque il te constitue. Ne cherche pas à ignorer le manque : tu le constitues. Être au monde – voilà ce qui compte et voilà ce qui disparaîtra. Le monde existe quand tu le perds. Ne cherche pas à scruter le vide il a tes yeux. Ne cherche pas à voiler le vide : tu le restitues. Aimer le monde – voilà ce qui survivra. Le monde répond quand tu l’oublies. (Alain Suied) Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/  

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Ne cherche pas à combler le manque (Alain Suied)

Ne cherche pas à combler le manque il te constitue. Ne cherche pas à ignorer le manque : tu le constitues. Être au monde – voilà ce qui compte et voilà ce qui disparaîtra. Le monde existe quand tu …

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Cette vie (William Drummond)

     Cette vie, qui semble si belle, Est comme une bulle soufflée dans l'air Par des enfants qui jouent Et partout la poursuivent, Chacun cherchant à l'envoyer plus haut. Bien qu'elle semble parfois d'elle-même, Tel un œil d'or, se fixer dans l'espace Et, stable, planer dans le vide, Ce n'est que grâce à sa légèreté ; Mais sa splendeur ne dure pas longtemps, Car, à l'instant où le plus on l'admire, la bulle Qui s'est enflée de rien, se dissout en néant. *** This […]

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MÉDITATION (Eqbâl)

Illustration: ArbreaPhotos      MÉDITATION Non, ne pense pas que les mages aient achevé leur œuvre; des vins que nul n'a bus coulent encore dans les veines des vignes. Charmante est la campagne, mais on ne peut vivre comme les fleurs une vie dont les vents déchirent le manteau. Ne cherche plus, si tu connais le mystère de l'existence, un cœur que ne torture l'épine du désir. Sois la montagne sur elle-même appesantie, non le fétu, car l'air est vif et avide le […]

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Ayant bu des mers entières (Attâr)

    Ayant bu des mers entières, nous restons tout étonnés que nos lèvres soient encore aussi sèches que des plages, Et toujours cherchons la mer pour les y tremper sans voir que nos lèvres sont les plages et que nous sommes la mer. (Attâr) Recueil: Anthologie de la poésie persane (XIè - XXè siècle) Traduction: G. Lazard, R. Lescot, H. Massé Editions: Gallimard

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COMMENT ? (Vladimír Holan)

     COMMENT ? Comment vivre ? Comment être simple ? Toujours j'ai cherché le mot qui n'eût été prononcé qu'une seule fois, voire même qui n'eût jamais été prononcé. J'aurais dû chercher des mots ordinaires. Même au vin non consacré on ne peut rien ajouter. Traduit par Zdeněk HRBATA. *** JAK? Jak žít? Jak být prostý a být doslovný? Vždycky jsem hledal slovo, které bylo vysloveno jen jednou, ba slovo, které dosud nebylo vysloveno vůbec. Měl jsem […]

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